Le Canadien a dévoilé vendredi dernier l’identité des participants à son camp des recrues et deux noms retiennent l’attention : Kaiden Guhle et Mattias Norlinder.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Le CH s’est brûlé les doigts ces dernières années en promouvant Jesperi Kotkaniemi et Victor Mete dans la Ligue nationale, mais avec la perte de Shea Weber et les limites de Brett Kulak, on donnera sans doute à ces deux défenseurs gauchers l’occasion de se signaler d’ici la fin du camp d’entraînement.

Après Jeff Petry, on doit déjà se demander qui sera le second défenseur appelé à jouer sur l’une des vagues en supériorités numériques. Romanov obtiendra-t-il une autre chance, après avoir obtenu l’occasion de jouer en surnombre en début de saison dernière ?

Chris Wideman, 31 ans, convaincra-t-il les entraîneurs qu’un exil dans la KHL l’a rendu meilleur ? Demandera-t-on à David Savard de tenir un rôle qu’il n’était plus appelé à jouer récemment ?

Ou espère-t-on voir l’un de Norlinder ou Guhle se distinguer au point d’entamer la saison à Montréal ?

Les deux jeunes hommes présentent des profils bien différents.

Choix de première ronde, 16e au total en 2020, Kaiden Guhle, 19 ans, a déjà le physique de l’emploi, à 6 pieds 2 pouces, 203 livres.

Trois choses ont sauté aux yeux lors de ses trois matchs avec le Rocket de Laval la saison dernière : une mobilité étonnante, une extraordinaire compréhension du jeu et son calme avec et sans la rondelle. Il affrontait pourtant des hommes à seulement 18 ans!

Guhle ne vous fait pas bondir de votre siège avec des jeux à l’emporte-pièce, mais il présente une belle efficacité dans tous les aspects du jeu. Sans être qualifié de défenseur offensif, il peut contribuer à l’attaque avec une première passe précise et une bonne lecture du jeu. Il est aussi robuste à souhait.

À son dernier match à Laval avant de retourner avec son club junior à Prince Albert, Guhle, premier choix au total de la Ligue junior de l’Ouest en 2017, a passé les deux dernières minutes sur la glace alors que le Rocket cherchait à protéger une mince avance d’un but.

Il avait fortement impressionné l’entraîneur Joël Bouchard. « C’est un grand bonhomme avec des beaux outils, a-t-il commenté après l’une de ses séances d’entraînement. Il a une très bonne fondation. Il devrait devenir et il va devenir, parce que j’ai vraiment confiance en lui, un bon partenaire. »

Au Championnat mondial junior pendant les Fêtes, l’entraîneur André Tourigny lui a confié des responsabilités accrues malgré ses 18 ans. Il a amassé trois points en sept matchs, au sein d’une défense qui comptait sur des surdoués tels Jamie Drysdale, Bowen Byram et Thomas Harley.

Norlinder, lui, est un défenseur résolument offensif, pour le meilleur et pour le pire. Ce Suédois de 21 ans n’hésite pas à prendre des risques à l’attaque. Mais il lui arrive de commettre des bourdes spectaculaires en défense.

PHOTO ADAM GÖRANSSON, FOURNIE PAR MODO HOCKEY

Mattias Norlinder

Ce choix de troisième ronde en 2019 devra prouver sa fiabilité s’il espère demeurer à Montréal et non retourner à Frolunda pour une saison supplémentaire afin de gagner en expérience, en muscles et en solidité sur patins.

Ce jeune homme de 5 pieds 10 pouces et 179 livres a été fumant offensivement lors des matchs préparatoires cet été à Frolunda avec quatre points en autant de rencontres et un temps d’utilisation supérieur à 18 minutes, mais son match inaugural la semaine dernière, son dernier avant son départ en Amérique (peut-être avait-il déjà la tête à Montréal ?) a été désastreux. Il a été confiné au banc après avoir gaffé sur trois buts de l’adversaire.

Il est porté aux nues en Suède, certains observateurs du milieu voient en lui un éventuel grand défenseur offensif dans la LNH, mais ses preuves restent à faire sur une patinoire nord-américaine.

Norlinder est avantagé par les faits saillants qui nous parviennent d’Europe. Il est en effet très spectaculaire offensivement, mais il y a des failles dans plusieurs aspects de son jeu.

À l’heure actuelle, il demeure un spécialiste en supériorité numérique. Point. Connaissant l’intransigeance de Dominique Ducharme et de ses adjoints quant au manque de fiabilité de leurs joueurs (Alexander Romanov a vécu l’expérience en séries éliminatoires), Norlinder aura un défi de taille au camp d’entraînement pour gagner leur confiance.

Même s’il a presque deux ans de moins que Norlinder, Guhle semble à des lunes d’avance sur le Suédois pour l’ensemble de son jeu.

Le camp d’entraînement devrait nous en dire plus long assez rapidement. Les recrues se soumettront à des examens médicaux mercredi, bondiront sur la glace le lendemain et affronteront les recrues des Sénateurs d'Ottawa samedi et lundi.

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