Croyez-le ou non, les Maple Leafs de Toronto pourraient rater les séries éliminatoires. Ils auront encore quelques mois pour retrouver leur élan, mais ils quittent pour la pause des étoiles exclus du portrait.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Toronto a 57 points, un total identique à celui des Panthers de la Floride, troisièmes dans la division Atlantique, mais ceux-ci ont disputé deux matchs de moins.

Les Leafs ont trois points de moins que les Blue Jackets de Columbus et deux points de moins que les Hurricanes de la Caroline, derniers clubs qualifiés à titre de quatrième as. Derrière, Montréal et Buffalo se trouvent à six points.

L’effet Sheldon Keefe semble s’être dissipé. Toronto a maintenu une fiche de 15-4-1 après le congédiement de Mike Babcock, mais vient de perdre cinq de ses six derniers matchs. Pour compliquer les choses, ils ont perdu leur meilleur défenseur Morgan Rielly pour deux mois.

PHOTO JOHN E. SOKOLOWSKI, USA TODAY SPORTS

Morgan Rielly

Après leur défaite de 6-2 à domicile aux mains des Blackhawks de Chicago samedi, Sheldon Keefe a reproché à ses joueurs un manque de discipline et de maturité dans leur jeu.

Les Maple Leafs ont l’une des meilleures formations offensives de la Ligue, mais aussi l’une des pires en défense. Le DG, Kyle Dubas, aura à répondre de ses décisions si jamais ses joueurs ne parviennent pas à redresser la barre.

L’embauche de John Tavares en juillet 2018, une bagatelle de 77 millions, s’est faite au détriment de la défense. Elle a menotté Dubas au plan de la marge de manœuvre salariale. Le DG des Leafs a même dû céder un choix de première ronde aux Hurricanes afin de se débarrasser de Patrick Marleau et dégager l’espace sur la masse pour payer Mitch Marner. Difficile dans un tel contexte de pouvoir améliorer sa défense et la qualité de ses gardiens.

À l’heure actuelle, Tavares vient au quatrième rang des compteurs de l’équipe avec 41 points en 42 matchs, derrière Auston Matthews, Mitch Marner et William Nylander. Il a néanmoins disputé sept matchs de moins que Matthews et Nylander, mais quatre de plus que Marner. Sa fiche de -7 est la pire de l’équipe.

Dubas a tenté de reconstruire sa défense cet été. Jake Gardiner, Ron Hainsey et Nikita Zaitsev ont été largués. Tyson Barrie, Cody Ceci se sont amenés. Sans grands résultats. Barrie, Ceci et Jake Muzzin, qui a coûté un choix de première ronde aux Kings de Los Angeles l’an dernier, seront joueurs autonomes sans compensation à compter du 1er juillet. Il faudra plus que le jeune Rasmus Sandin, déjà pas réputé pour son efficacité dans sa zone, pour relancer cette défensive.

PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE

Tyson Barrie

Frederik Andersen a accordé 36 buts à ses dix derniers matchs. Il présente un taux d’arrêts de ,881 en janvier. Son auxiliaire Michael Hutchinson est encore pire.

Kyle Dubas n’a plus beaucoup de cartes dans sa manche pour améliorer le club. Mike Babcock a déjà été congédié. Toronto a perdu son premier choix de 2019 et deux espoirs pour Jake Muzzin. Il n’a plus de choix de première ronde en 2020. Les Leafs détiennent encore leur choix de première ronde en 2021, mais voudront-ils en sacrifier un autre ? Ça fait beaucoup de choix de première ronde jetés par la fenêtre pour un club qui n’a pas franchi la première ronde depuis 2004.

Leur problème de plafond ne sera pas réglé pour autant l’an prochain puisque le salaire de leurs quatre meilleurs attaquants occupera encore 40,3 millions de la masse, soit 73 % de la somme des attaquants de l’équipe.

Après cette saison, on devra aussi continuer à payer Babcock. On lui doit 18,75 millions pour rester à la maison. Les Leafs se croisent les doigts pour qu’il se trouve un poste ailleurs et ainsi effacer cette lourde dette…

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Mike Babcock

Pendant ce temps à Long Island, Lou Lamoriello, 77 ans, tassé pour faire une plus grande place à Dubas, fait la leçon aux Leafs. Les Islanders risquent encore cette année de devancer Toronto au classement, malgré la perte de Tavares. Toronto a la masse salariale la plus élevée de la LNH, les Islanders la 27e.

Les Maple Leafs ont intérêt à se replacer après la pause. Mais les pauvres, victimes de la force de la division Atlantique, devront se résoudre à affronter le Lightning de Tampa Bay ou les Bruins de Boston en première ronde s’ils parviennent à coiffer les Panthers.

On ne se consolera pas avec l’avenir non plus. À part Sandin, et peut-être Nick Robertson et Timothy Liljegren, la relève est mince.

Dubas et les Leafs décideront de leur place dans l’histoire. Soit une grande équipe en devenir, soit l’un des plus grands mirages du début du 21e siècle dans la LNH.

À lire

Ce n'est pas pour le vanter, et j'espère qu'il ne fera pas la grosse tête avec ça (ce n'est pas son genre), mais Simon-Olivier Lorange, notre recrue, donne l'impression d'être sur le beat du Canadien depuis 20 ans. Il devait se préparer en secret depuis un moment. Ce matin, il propose une compilation de résultats pour nous prouver que la pause des étoiles ne ralentit pas le rythme de croisière des clubs. Encourageant pour le CH, même si ses chances de participer aux séries demeurent très minces.