Profitons de la pause dans la LNH pour revisiter l’histoire du Canadien. Cette semaine, nous vous présentons un top cinq des meilleurs repêchages des 40 dernières années chez le CH. Aujourd’hui, en deuxième position, la cuvée 1987.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Trois joueurs ayant disputé au moins 1000 matchs dans la Ligue nationale de hockey, un quatrième ayant chatouillé cette marque, tout en ayant marqué 400 buts en carrière, le directeur du recrutement du Canadien à l’époque, André Boudrias, décédé tragiquement en 2019, a frappé de nombreux coups de circuit en 1987, même s’il ne repêchait pas avant le 17e rang.

Le premier choix du groupe, Andrew Cassels, a malheureusement disputé seulement soixante matchs pour le Canadien, avant d’être échangé aux Whalers de Hartford à 22 ans seulement pour un choix de deuxième ronde. Il a disputé 1015 matchs en carrière, amassé 732 points, dont une saison de 85 points et cinq de plus de soixante points. Cassels a terminé au septième rang des compteurs de sa cuvée, dominée par Joe Sakic, Brendan Shanahan et Pierre Turgeon.

Au moins, ce choix de deuxième ronde aura permis au Canadien de repêcher Valeri Bure quelques années plus tard. Mais Bure a lui aussi connu ses meilleurs moments en carrière ailleurs, après avoir été échangé pour Jonas Hoglund.

La deuxième ronde a été extraordinaire. Voyant que le joueur ciblé était encore disponible au 33e rang, Serge Savard a cédé aux Blues de St. Louis son choix de deuxième ronde en 1988 et un choix de troisième ronde, 59e au total, pour mettre la main sur John LeClair, un colosse de l’école secondaire Bellows Free Academy, déjà engagé à l’Université du Vermont l’année suivante.

Puis, cinq rangs plus loin, Boudrias et son équipe ont choisi le défenseur droitier Éric Desjardins, 38 points en 68 matchs à sa première saison chez les Bisons de Granby, menés par Pierre Turgeon, Stéphane Quintal, repêché au 14e rang par les Bruins de Boston, et le vétéran Claude Dumas.

En troisième ronde, Montréal allait repêcher un autre défenseur, Mathieu Schneider, 36 points en 63 matchs avec les Royals de Cornwall dans la Ligue junior de l’Ontario.

Sans ce repêchage prolifique, le Canadien n’aurait pas remporté la Coupe Stanley en 1993. Desjardins a été un pilier en séries éliminatoires et marqué trois buts, dont le but gagnant en prolongation, lors du deuxième match de la finale contre les Kings de Los Angeles. LeClair a marqué deux buts en prolongation lors de cette finale contre Los Angeles.

Revoyez le tour du chapeau d’Éric Desjardins en finale de la Coupe Stanley.

Schneider, 44 points en seulement 60 matchs en saison régulière, a rejoint l’équipe à la fin de la série contre les Nordiques de Québec après avoir soigné une blessure et a obtenu deux points, dont un but, en finale.

Mais ce trio n’est pas resté à Montréal assez longtemps. Après une élimination hâtive en 1994, et un début de saison difficile en janvier après le lockout, les médias et les fans réclamaient à grands cris l’arrivée d’un marqueur. Malgré ses succès en séries, John LeClair n’arrivait pas à atteindre la marque des 20 buts par saison et semblait étouffer sous la pression à Montréal.

Le 9 février 1995, Desjardins, LeClair et Gilbert Dionne passaient aux Flyers de Philadelphie en retour de Mark Recchi, 107 points la saison précédente et 123 points deux ans plus tôt.

Recchi a été productif à Montréal, mais jamais comme à Philadelphie ou à Pittsburgh. Le départ de Pierre Turgeon n’a pas aidé non plus.

John Leclair a explosé à Philadelphie au sein d’un trio avec Éric Lindros et Mikael Renberg. Il a connu trois saisons consécutives de 50 buts ou plus chez les Flyers, et deux autres saisons de 40 buts ou plus.

Malgré tout, le départ de Desjardins a fait encore plus mal au CH. On a mis des années à se remettre de sa perte. Le ténébreux Vladimir Malakhov, obtenu quelques mois après l’échange de Recchi pour Mathieu Schneider, ne constituait pas la solution. Patrice Brisebois avait un bon flair offensif, mais n’avait pas les outils pour remplacer adéquatement Desjardins, nommé capitaine des Flyers quelques saisons après son arrivée.

André Boudrias m’avait avoué quelques années plus tard les raisons derrière le départ de Desjardins. Il avait servi d’appât pour attirer Recchi, évidemment, mais aussi, surtout, Serge Savard craignait ne pas pouvoir lui offrir ce qu’il désirait au plan contractuel.

Le congédiement de Serge Savard, en octobre 1995, quelques mois après avoir échangé trois des quatre membres de cette brillante cuvée 1987, l’arrivée de Réjean Houle, Mario Tremblay et Yvan Cournoyer, le départ de Patrick Roy et Pierre Turgeon, la fin d’un chapitre glorieux venait de se clore.

À quand la prochaine Coupe ?

(Vendredi : la première position)

(1) 17 — Andrew Cassels
(2) 33 — John LeClair
(2) 38 — Éric Desjardins
(3) 44 — Mathieu Schneider
(
3) 58 — François Gravel
(4) 80 — Kris Miller
(5) 101 — Steve McCool
(6) 122 — Les Kuntar
(7) 143 — Robert Kelley
(8) 164 — Will Geist
(9) 185 — Éric Tremblay
(10) 206 — Barry McKinlay
(11) 227 — Ed Ronan
(
12) 248 — Bryan Herring

* En caractère gras, ont disputé au moins 100 matchs dans la LNH.

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