C’est une blessure à l’aine qui avait tenu Jayden Struble à l’écart du camp de développement du Canadien en juin 2019. C’est aussi une blessure à l’aine qui a miné ses chances de participer au Championnat du monde junior.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

C’est ce qu’a indiqué l’entraîneur-chef de Struble à l’Université Northeastern, Jim Madigan, à La Presse.

Le défenseur, choix de deuxième tour du Tricolore, s’est blessé à l’aine au camp de sélection de l’équipe américaine en vue du Mondial junior. Il a raté trois jours complets d’action sur les six jours que durait le camp.

« Les blessures à l’aine, c’est toujours compliqué (tricky). Dans un tournoi court, à haute intensité, ça pose des problèmes potentiels, a fait valoir Madigan au bout du fil, mercredi. Je comprends leur décision de ne pas l’avoir sélectionné. »

Lundi, Struble a donc vu partir en fumée ses chances de représenter son pays pour la première fois de sa carrière.

« Si j’avais été en santé, je pense que j’aurais gagné mon poste, estime l’espoir de 19 ans, en entrevue téléphonique. Quand tu es invité, tu as une vraie chance de gagner un poste. Ça demeurait la décision des entraîneurs, mais en jouant à ma façon, j’aurais pu être sélectionné.

« Ç’aurait été cool, honnêtement. C’est un très bon tournoi, c’est une occasion unique dans une vie. Ç’aurait été spécial de représenter le pays. Mais j’ai fait mes choses toute ma vie, et ça n’a jamais inclus USA Hockey. Je ne dis pas que ça n’aurait pas été un honneur, mais j’essaie de ne pas me laisser trop affecter par la situation. »

Blessure persistante

Le potentiel de Struble a toujours été intrigant. Quand il l’a repêché au 46e rang en 2019, Trevor Timmins avait insisté sur les qualités athlétiques phénoménales du jeune homme. Il avait notamment fait tourner les têtes au camp d’évaluation pré-repêchage, à Buffalo, en terminant premier dans cinq catégories, dont le développé couché (bench press) et le saut en longueur.

Le problème, c’est qu’il n’a pas souvent été en santé depuis. En plus de ses problèmes d’aine, il a subi une entorse à une cheville. La saison dernière, sa première à l’université, il n’a donc disputé que 21 des 34 matchs de Northeastern.

La blessure à l’aine est particulièrement préoccupante puisqu’elle revient de façon épisodique depuis un an et demi. L’an passé, elle lui avait fait manquer le camp de développement, puis les trois premiers matchs de la saison. Et maintenant, elle lui coûte une sélection en équipe nationale.

Mais Struble assure être guéri. Il assure également qu’il sera prêt pour le premier match de la saison, le 12 décembre. Son coach aussi.

« Je pense qu’il est guéri. Il est très bon à l’entraînement depuis 10 jours et patine avec fluidité, mais c’est quelque chose qu’il devra probablement inclure dans sa préparation », estime Madigan, un Montréalais qui dirige les Huskies depuis 2011.

« Plusieurs joueurs ont des routines préventives du genre, que ce soit pour un genou ou une épaule. Ce serait intelligent qu’il le fasse. Non seulement c’est préventif, mais ça renforce aussi le corps. »

Grandes attentes

Ça tombe bien que Struble soit guéri parce que Madigan a de grands plans pour lui !

Les Huskies ont en effet perdu leur pilier à la ligne bleue, Ryan Shea, qui a signé un contrat avec les Stars de Dallas. Jordan Harris, un autre espoir du Canadien, verra ses responsabilités augmenter, tout comme Struble.

« Jayden sera de toutes les situations, sur une des unités de l’avantage et du désavantage numérique. Il va jouer autour de 20 minutes par match. Il a la capacité de le faire, il est fort et en très bonne forme, estime Madigan. Il a hâte, et nos attentes sont élevées. On compte sur lui.

L’an passé, il jouait autour de 17 minutes. C’était sa première année, et il se remettait d’une blessure. En fin de saison, il aurait probablement joué 20 minutes s’il ne s’était pas blessé.

Jim Madigan, entraîneur-chef des Huskies de l’Université Northeastern

Quand Struble chaussera les patins le 12 décembre, il disputera son premier match depuis le 7 février. Pour un joueur qui se démarque par sa robustesse, les matchs contre de vrais adversaires sont évidemment essentiels à son développement.

« La compétitivité et la robustesse sont ce qui me manque le plus, admet Struble. On joue essentiellement au hockey-bottine depuis 10 mois ! Ça fait près d’un an que je n’ai pas frappé un adversaire. C’est dur de le faire à l’entraînement. Mais une fois que tu donnes ta première mise en échec, une fois que tu en subis une, ça revient vite. »

Avec les deux premiers mois de la saison à l’eau, la saison sera amputée. Le calendrier de Northeastern prévoit 22 matchs à l’heure actuelle, mais Madigan rappelle qu’ils ont de l’espace pour insérer d’autres matchs et se rendre à 24, voire 26.

« Normalement, on en jouerait 34, en plus des séries. Ça reste mieux que passer de 82 à 48 ! »

Beaucoup de minutes pour Harris !

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jordan

Harris

On parlait du temps de jeu de Jayden Struble. Jordan Harris, lui, sera un homme occupé. Le choix de troisième tour du Canadien en 2018 en sera à une troisième année à l’université et il sera l’homme de confiance de Jim Madigan. De 25 à 27 minutes l’an passé, son utilisation devrait varier entre 27 et 30 minutes cette saison. « C’est un patineur incroyable, il récupère vite et joue dans toutes les situations, rappelle l’entraîneur-chef. Ça lui permettra d’apprendre à gérer le match, gérer son énergie, ne pas monter avec la rondelle à chaque occasion et éviter de se faire frapper inutilement. » L’an dernier, Harris a amassé 21 points en 33 matchs. Au terme de la saison, il devra décider s’il s’entend avec le CH (pour peu que l’équipe lui offre un contrat) ou s’il dispute sa quatrième et dernière saison dans la NCAA.