La mauvaise nouvelle est tombée en fin de journée jeudi : Brendan Gallagher souffre d’une fracture de la mâchoire et il ne reviendra pas au jeu dans cette série contre les Flyers de Philadelphie.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Le DG du Canadien, Marc Bergevin, a confirmé l’information qui a été relayée sur le site internet de l'équipe. Gallagher devra se soumettre à une intervention chirurgicale et on ignore encore la durée de son absence, advenant deux victoires consécutives contre les Flyers.

Son agresseur, Matt Niskanen, a été suspendu une rencontre pour son geste.

Cette absence secoue, même si on a critiqué Brendan Gallagher depuis le début des séries éliminatoires. Avant le cinquième match contre les Flyers, il n’avait toujours pas marqué en huit matchs malgré 34 tirs. Gallagher semblait incommodé par une blessure à une cheville. Sa mobilité et son équilibre étaient visiblement compromis. Il a commis quelques revirements coûteux et Kirk Muller l’a cloué au banc dans les moments importants à la fin des troisième et quatrième matchs.

Le retour du Gallagher habituel

Mercredi, de façon inattendue, on a revu le bon vieux Gallagher dès sa première présence. Hargneux, intense, baveux, il a même marqué le troisième but de son club en deuxième période. Bref, il a rappelé pourquoi il était le cœur et l’âme du Canadien, et pourquoi il manquera à ses coéquipiers.

Il a payé le prix pour ce match inspiré. Alors qu’il restait cinq minutes à jouer dans la rencontre, le défenseur Matt Niskanen lui a infligé un vicieux double échec en plein visage alors qu’il était dans une position vulnérable dans un coin de la patinoire. Le visage ensanglanté, une ou deux dents en moins, Gallagher a tout de même terminé le match.

PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE

Alors qu’il restait cinq minutes à jouer dans la rencontre, le défenseur Matt Niskanen a infligé à Brendan Gallagher un vicieux double échec en plein visage alors qu’il était dans une position vulnérable dans un coin de la patinoire. Ci-dessus, Gallagher s’appliquant une serviette sur la bouche après le match, sous l’œil de son coéquipier Nick Suzuki.

L’entraîneur-chef des Flyers, Alain Vigneault, affichait quant à lui un certain scepticisme jeudi matin. « Il s’est relevé, a parlé aux arbitres, à nos joueurs sur le banc, il semblait correct », a mentionné Vigneault jeudi midi en vidéoconférence. Gallagher ne l’était pas finalement...

Ce n’est pas la faute à Niskanen si Gallagher n’est pas grand, même s’il joue aussi grand, sinon plus grand, que n’importe qui d’autre. C’était un jeu de hockey malheureux qui l’a coupé un peu…

Alain Vigneault

Kirk Muller n’a pas voulu commenter le geste de Niskanen, jeudi avant-midi.

On a envoyé à la Ligue la séquence sur film. La vidéo est explicite. Tout dépend de ce qu’ils décident.

Kirk Muller

Les gestes violents n’ont pas manqué lors du cinquième match. Jesperi Kotkaniemi a été expulsé du match en début de deuxième période après avoir frappé le défenseur Travis Sanheim par-derrière. Les Flyers en ont profité pour marquer deux fois pendant sa pénalité majeure.

« Dans le cas de KK, il y a un débat, a commenté Kirk Muller. On va les laisser débattre. On croit qu’il terminait sa mise en échec. C’était un jeu de hockey. »

Un autre joueur du CH a saigné

Jake Evans a aussi saigné du visage. Il a subi un double échec en plein visage, gracieuseté de Philippe Myers. Celui-ci a été puni pour quatre minutes.

En fin de rencontre, Sean Couturier a frappé Artturi Lehkonen en le surprenant dans son angle mort. Une (autre) mêlée a suivi. Si les joueurs des deux équipes ne se détestaient pas après quatre matchs, c’est le cas maintenant. Mais il ne faut pas s’attendre à des échauffourées comme à la belle époque des Broad Street Bullies pour autant lors du prochain match.

On ne cherchera pas vengeance. On veut juste jouer de façon robuste. Gagner le match demeure la priorité.

Ben Chiarot

Comme la plupart des joueurs du CH, Chiarot a revu plusieurs fois la séquence du coup de Niskanen. « Ça s’est déroulé comme je l’ai vu. C’est un double échec au visage. Et sa bouche reçoit le bâton de Niskanen. »

Jeff Petry n’a pas apprécié le geste lui non plus. « Si un des meilleurs joueurs des Flyers avait reçu un tel coup, eux aussi chercheraient à obtenir réparation. »

Malgré l’isolement de leur famille, malgré le déficit de deux matchs, les joueurs du Canadien ont prouvé leur résilience. Ils auraient pu abandonner comme les Coyotes l’ont fait contre l’Avalanche du Colorado, avec deux honteuses défaites de 7-1. Ils se sont accrochés.

« On s’en est parlé avant le match, a confié Jeff Petry. Personne dans le vestiaire n’était prêt à rentrer à la maison. On l’a prouvé mercredi. On s’est battus jusqu’à la fin. On savait qu’on survivrait un autre jour si on jouait à notre façon. »

Kirk Muller confirme. « On a un important groupe de jeunes qui ont du plaisir ensemble. Il faut s’apprécier pour vivre ainsi dans la bulle. Ça a paru lors du match. Les gars se sont dit : “Est-ce qu’on part ou on veut rester ensemble ici plus longtemps ?” La chimie est bonne. »