L’application québécoise Go See You est née du désir d’offrir un Tinder à ceux qui n’aiment pas… Tinder.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

D’aussi loin qu’elle se souvient, Mélanie Trudel a toujours aimé jouer l’entremetteuse en amour. Ce « hobby » est maintenant au centre de son entreprise Célibataire Québec, qui offre une panoplie d’évènements, de voyages ou de blind date aux gens seuls à la recherche d’un partenaire amoureux ou sexuel.

« Une dizaine de milliers de personnes ont participé à nos différents évènements depuis nos débuts en 2014 », souligne la femme d’affaires de Québec.

À cette époque, même si elle passait pour un dinosaure aux yeux de beaucoup, elle préférait offrir des occasions de rencontre dans le réel plutôt que dans le virtuel. Mais elle a fini par se rendre à l’évidence : les célibataires aiment les applications de rencontre.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Fondatrice de l’application québécoise de rencontre Go See You, 
Mélanie Trudel a toujours aimé jouer l’entremetteuse en amour.

J’entendais tellement d’histoires d’horreur autour de moi, les irritants des applications, des rencontres virtuelles qui n’aboutissaient pas, mais les gens continuaient de les utiliser pareil. Parce que c’est un moyen de rencontre rapide.

Mélanie Trudel, fondatrice de l’application Go See You

Le 14 février 2018, elle a finalement lancé l’application Go See You : « Nous avons fait un an et demi de recherche et développement avec 1000 testeurs célibataires avant de la mettre sur le marché », ajoute l’entrepreneuse.

Elle nous assure que — contrairement à bien des applications de rencontre — la sienne ne fonctionne pas avec un algorithme et que les clients ne sont pas notés. Go See You présente tous les célibataires potentiels qui sont situés près de vous.

« Sur Tinder, on dit que c’est par géolocalisation, mais en réalité, ce n’est pas que ça. On va te montrer des gens qui ont un corps semblable au tien. Donc, si tu as le malheur d’avoir une photo qui n’est pas si bonne, ton score va être plus bas et on va te montrer des personnes au score similaire », explique Mme Trudel.

En parcourant les profils des autres membres, on voit rapidement si les gens cherchent une relation sérieuse, leur statut familial, leur horaire de travail, etc. « Si tu veux des enfants, tu ne perdras pas ton temps à parler avec des gens qui n’en veulent pas », dit Mélanie Trudel.

En moyenne, les membres ont entre 30 et 50 ans.

Je dirais à quelqu’un qui veut vraiment juste s’amuser d’aller sur Tinder. C’est pas pour rien qu’on dit « je joue à Tinder ». Mais la clientèle de 25 ans et moins n’est pas vraiment sur mon appli. C’est vraiment du 30 ans et plus.

Mélanie Trudel, fondatrice de l’application Go See You

Près de 60 000 personnes, majoritairement des Québécois, ont créé un compte Go See You depuis son lancement, il y a 20 mois. Même si l’entrepreneuse voit grand et espère que son application sera téléchargée aux États-Unis et en Europe, elle est consciente que, pour l’instant, ses membres sont pratiquement tous dans les grands centres du Québec. Un désavantage pour les gens en région.

Parce que Mélanie Trudel continue de préférer les rencontres en personne, elle encourage aussi les rendez-vous sur Go See You. Dès que deux personnes ont échangé plus de 100 messages, le système leur envoie des suggestions de sorties.

Autre initiative, le « ghosting » (qui consiste à arrêter de discuter avec une personne sans avertissement) est interdit. Lorsque trois personnes ont dénoncé le même membre, ce dernier est banni de Go See You. « Parce que c’est vraiment un problème sur les applications de rencontre. C’est un fléau ! Ça vient mettre en doute la personne qui se fait ghoster, elle se questionne sur elle-même, alors que le problème est l’autre personne. »

Même si l’application québécoise est gratuite, il est possible de payer pour avoir accès à des privilèges.