(Rome) Confronté au coronavirus, « j’ai peur, comme tout le monde je crois », reconnaît le créateur italien Giorgio Armani, qui a décidé de réagir en produisant des combinaisons médicales dans ses usines d’ordinaire dévolues au luxe.

Agence France-Presse

Le créateur de 85 ans né en Émilie-Romagne s’est imposé comme un géant de la mode à Milan, la capitale de la Lombardie. Or ces deux régions sont les plus endeuillées par la pandémie, avec près de 10 000 morts, soit 70 % des décès officiellement recensés en Italie.

Quand le premier mort a été annoncé dans la péninsule, Giorgio Armani était en train de présenter sa collection d’automne à Milan. Il a alors décidé de réorganiser aussitôt la vie de son entreprise, s’isolant tout en continuant à la gérer.

« Ce qui se passe me touche profondément », explique Giorgio Armani dans un courriel à l’AFP. « Étant donné que l’activité est au point mort », le gouvernement ayant décidé l’arrêt des activités non essentielles, « j’ai pensé que je devais agir immédiatement ».

Il fait des dons au système hospitalier italien, submergé par l’afflux de patients. Mais un centre de santé local le contacte et lui fait part des besoins en produits de protection.

Ce grand nom du luxe mondial se lance alors dans la production de combinaisons de protection pour le personnel médical, produites dans ses usines italiennes de Carrè, Matelica, Settimo Torinese et Trente.

« Il s’agit d’une production presque artisanale, réalisée surtout à la main parce que toutes les machines disponibles ne sont pas utilisables. Nous utilisons par exemple les machines à coudre », explique-t-il.

Les combinaisons, que l’entreprise donne, « ont fait l’objet d’une certification », assure-t-il.

Depuis son dernier défilé à Milan, le créateur a « réduit au minimum » ses contacts avec l’extérieur, « en installant une zone de travail sécurisée ».