Signe des temps, après l’intimidation chez les jeunes et la maltraitance chez les aînés, voilà que la Fondation Jasmin Roy et Sophie Desmarais se lance dans la lutte contre un nouveau fléau, avec un outil inusité : le harcèlement sexuel en milieu de travail.

Silvia Galipeau
Silvia Galipeau La Presse

Les Ateliers 360, des ateliers de réalité virtuelle produits en collaboration avec deux doctorants en psychologie du travail et des organisations de l’Université de Sherbrooke, seront déployés dès cet automne, sur demande, en entreprise.

Par le visionnement de différentes mises en situation (« c’est vraiment beau ce que tu portes », et autres commentaires insistants et surtout déplacés), puis par des discussions dirigées, on vise essentiellement deux choses : accroître l’empathie (pour les victimes) et acquérir des compétences (pour les agresseurs, mais aussi les témoins et, toujours, les victimes) en matière de gestion des émotions et des relations. Objectif : en finir avec les remarques déplacées et inacceptables, bref, le gros manque de respect.

Parce que non, ce n’est pas inné. Mais, bonne nouvelle, ça s’apprend et ça s’acquiert.

En attendant, le problème demeure relativement répandu, s’il faut se fier aux derniers chiffres de Statistique Canada, selon lesquels une femme sur quatre et un homme sur six auraient été victimes de « comportements sexualisés inappropriés » au travail, et ce, dans la dernière année seulement.

Les Ateliers 360 viseront trois types de harcèlement : les inconduites sexuelles, mais aussi les incivilités (ou l’art de ne pas dire bonjour à un collègue, ignorer une secrétaire, etc.) et la violence dite « ascendante » (des employés face à leurs supérieurs).

« C’est bien beau de dire : il faut que ça change, mais comment ? », résume Jasmin Roy en entrevue. D’où l’intérêt ici des mises en situation (« parce que c’est prouvé, la réalité virtuelle, ça stimule le cerveau ! »), suivies de discussions, pour réfléchir aux comportements inadéquats, mais surtout proposer des solutions de rechange. Des solutions de rechange pour les agresseurs (comment aborder les collègues autrement, par exemple), les témoins (comment dénoncer), ainsi que les victimes (comment prendre soin de soi à travers tout ça). « Et en bout de ligne, tout le monde est gagnant si les relations sont bonnes en milieu de travail ! »

À noter, ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail et du programme Ensemble contre l’intimidation du ministère de la Famille.

Consultez le site de la Fondation Jasmin Roy et Sophie Desmarais