Quatre artistes tatoueurs sillonnent les routes du Québec afin d’amener le handpoke, une technique de tatouage déjà bien établie à Montréal, en région.

Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

Au studio de tatouage Repère aux loups, on termine les derniers préparatifs pour la grande tournée. Il faut prévoir des tables, des accoudoirs, du papier essuie-tout en quantité industrielle et beaucoup, beaucoup d’aiguilles.

Les phasmes, eux, devront rester derrière. « On ne peut pas les amener avec nous », se désole Mélanie Tremblay Morin, jetant un dernier coup d’œil attendri vers l’aquarium.

C’est vrai que ce serait long, 11 jours de route, pour d’aussi petites créatures. Mais certainement pas pour Mélanie, Jean-Michel Boisvert, Valeska Bastien et Cendre, qui préfère utiliser son nom d’artiste pour ne pas nuire à sa vie professionnelle.

Dimanche dernier, les quatre mordus de handpoke ont paqueté leur mini-fourgonnette et se sont dirigés vers leur première destination : le Théâtre de la Vieille Forge, à Petite-Vallée. Ainsi a débuté leur tournée de tatouage, qui doit se conclure le 25 août à l’Espace Norbert, à Sainte-Adèle.

Sur la route, le quatuor s’arrêtera dans des auberges et des microbrasseries de Kamouraska, la Gaspésie, Jonquière, Roberval et Québec. L’objectif ? Faire découvrir l’art du handpoke en région.

Il y a encore des gens qui pensent que le handpoke, c’est fait dans un sous-sol avec de l’encre de Chine comme en prison, que ça ne dure pas longtemps et que ça fait plus mal. On travaille vraiment fort pour démentir ces rumeurs.

Mélanie Tremblay Morin

On le devine à son nom, le handpoke est une technique de tatouage – l’une des premières — qui se réalise à la main, point par point, au contraire de la machine. Pour ses artisans, c’est une façon d’être plus proche de la peau. C’est aussi ce qui donne son grain si particulier.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Le handpoke est une technique de tatouage – l’une des premières – qui se réalise à la main, point par point, au contraire de la machine. Pour ses artisans, c’est une façon d’être plus proche de la peau.

Ces dernières années, la technique s’est popularisée à Montréal, tellement qu’on ne compte plus les artistes et les studios qui se consacrent à sa pratique. Mais en dehors de la métropole, l’offre est encore très limitée.

« Dès que tu sors de l’île, on n’est plus beaucoup. J’ai de la clientèle de Gatineau et de Québec qui se déplace pour moi, mais pour quelqu’un en Gaspésie, faire huit heures de route pour un tatouage, c’est beaucoup. Je suis une grande amoureuse du handpoke et je trouve ça incroyable qu’on puisse l’amener ailleurs », s’enthousiasme Valeska Bastien.

Pour l’amour du handpoke

Avant de partir en tournée, la moitié des places étaient déjà réservées. La première journée, le studio ambulant a affiché complet. Même la mairesse de Petite-Vallée est passée sous l’aiguille !

Prochain arrêt, ce sera au tour de Sandrine Houde. Entre les quatre artistes, la jeune femme originaire de Québec n’a pas pu faire un choix : elle a pris un rendez-vous avec chacun d’eux.

Je veux remplir mon bras gauche et ça tombe bien parce que j’aime avoir plein de styles différents. J’en profite parce qu’à Québec, il n’y a pas beaucoup d’artistes handpoke.

Sandrine Houde

C’est le genre d’histoires à laquelle carbure l’équipe, qui envisage déjà de répéter l’expérience l’été prochain.

« À la base, je trouve ça complètement fou qu’une personne porte mon art sur son corps toute sa vie. Là, en plus, une personne va porter sur elle notre première expérience de tournée. Ça me rend ben émotive ! », s’exclame Mélanie.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Valeska Bastien termine le tatouage d’une cliente.

Pour la petite histoire, la tournée est née d’un échange entre Cendre et le propriétaire de l’auberge La Baleine endiablée, à Rivière-Ouelle. « J’étais en road trip avec ma famille et j’avais amené mon matériel pour tatouer quelqu’un à l’auberge. Le propriétaire m’a dit qu’il aimerait ça organiser un évènement de tatouage parce qu’il n’y a pas beaucoup d’artistes dans le coin », raconte Cendre.

Un mois plus tard, six établissements se sont ajoutés à l’itinéraire. Tous ont accepté avec enthousiasme d’ouvrir leurs portes au quatuor. Le reste est encore à écrire.

« On va revenir crevés, le dos cassé en huit, mais comblés », rigole Cendre. Et Mélanie de lui répondre : « Je pense que je ne vais pas arrêter de sourire pendant une semaine ! »

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