Réserver un photographe, trouver une salle, choisir sa robe, lancer des invitations, préparer un discours… Tous ces gestes ne sont plus réservés à l’organisation du mariage : les fiançailles sont désormais planifiées avec soin et en détail. Elles sont devenues un événement en soi.

Maude Goyer
Collaboration spéciale

« On a mis le paquet ! lance Audrey Trépanier au sujet de ses fiançailles célébrées en septembre dernier. On avait un thème, une palette de couleurs déterminée, un horaire pour la soirée, un photographe… J’ai vu ça comme une pratique avant le mariage ! » Cette Lavalloise de 30 ans ne disposait pourtant pas d’un « gros » budget de mariage. Elle refuse de dévoiler la somme totale, mais précise que « 30 % a été mis sur les fiançailles, en excluant les bagues ».

Pourquoi les futurs mariés tiennent-ils à faire une fête de fiançailles ? « Cette tradition était très forte dans les années 60-70, explique Cynthia Bélanger, planificatrice de mariages et coprésidente d’Événements Glamour. Peu à peu, elle a disparu et depuis quelques années, elle refait surface. Le mariage, c’est une aventure qui se prépare des mois à l’avance, et je pense que les fiançailles viennent rallonger les préparatifs... et les festivités ! »

Selon Daniela Caputo, organisatrice d’événements et planificatrice de mariages depuis 15 ans, deux grands courants se dégagent lorsqu’il est question de fiançailles : soit elles sont contenues dans un événement très intime où le nombre de personnes est limité, soit elles sont transformées en grande fête avec chapiteau et une centaine d’invités.

« Cela dépend assurément du budget des gens, dit-elle, mais je remarque que les gens issus de la génération des milléniaux sont plus portés à choisir des fiançailles intimes. » Elle cite en exemple ceux qui choisissent de faire un souper dans un restaurant ou de retenir les services d’un traiteur pour recevoir à la maison. « Ils invitent des membres des deux familles, mais surtout, ils convient des amis », souligne Mme Caputo.

C’est pour cette formule qu’ont opté Léa Marie Miller et son conjoint : nouvellement parents, ils ont organisé une petite fête dans leur cour en août. « Nous étions une vingtaine, se souvient Léa Marie. Il y avait des enfants, des chiens, plein de lanternes et des grillades... On a profité de cette soirée pour annoncer notre date de mariage. » Selon Mme Bélanger, il est rare que les futurs mariés réservent la surprise des fiançailles et, du même coup, du mariage à venir. « Avec les réseaux sociaux, les gens étalent leur vie plus facilement et plus rapidement, indique-t-elle. C’est une surprise difficile à contenir… »

Mission : originalité

L’experte en organisation d’événements croit que la popularité des fêtes de fiançailles est intimement liée aux réseaux sociaux. « Ils donnent des suggestions et des idées, ils créent des besoins », dit-elle. Certains couples réfléchissent à un mot-clic lié à leurs fiançailles et à leur mariage ; il est communiqué à l’avance à tous les convives. La tendance inverse émerge elle aussi : l’interdiction d’utiliser son téléphone cellulaire en tout temps pendant les festivités.

Peu importe le concept choisi pour la fête de fiançailles, un point commun semble les réunir : le souci d’originalité.

Certains préfèrent organiser un brunch ou un lunch. D’autres se fiancent en voyage ou mettent en scène l’histoire de leur couple pendant le party. Chose certaine, les gens organisent des fiançailles à leur image.

Daniela Caputo

Mme Bélanger fait le même constat. « Les fiancés veulent se démarquer. Ils pensent à un concept personnalisé en incluant tout ce qu’ils aiment pour que le résultat soit en symbiose avec qui ils sont et leur histoire. »

Si on s’organise des fiançailles « de rêve », risque-t-on d’avoir des attentes démesurées par rapport au déroulement du jour J ? Des imprévus, comme un temps maussade, peuvent toujours survenir... « Je ne m’en fais pas trop avec ça, glisse Mme Trépanier. Le but, c’est d’être ensemble, avec notre gang, et de célébrer notre promesse. »