Parce que la danse est une discipline qui s’enseigne moins aisément à distance, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a déplacé certaines de ses classes dans des parcs. Une occasion pour les étudiantes du programme d’expérimenter les performances in situ.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

« Il y a une somme de micro-informations qu’on peut mieux saisir en personne », souligne la professeure Manon Levac, qui présentait mardi un cours d’interprétation. « L’extérieur présente tout de même des défis : le bruit, les passants, les inégalités du sol, les conditions météo. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Dans ce cours, qui a suscité la curiosité des passants, les étudiantes devaient effectuer un travail sur la marche. Un mouvement qui paraît bien anodin, admet Manon Levac, mais qui est toujours réfléchi en danse et difficile à exécuter. « La marche est à la base d’un mouvement de danse aux États-Unis dans les années 60, le Judson Dance Theater, qui voulait se réapproprier des mouvements de la vie quotidienne, leur redonner leurs lettres de noblesse. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Pour Danièle Desnoyers, directrice du département de danse de l’UQAM, il était « impensable » d’offrir une formation exclusivement en ligne cet automne. « C’est possible de faire des cours en ligne comme loisirs, dit-elle. Les professionnels peuvent facilement suivre des cours en ligne. Mais on parle ici d’étudiants qui sont en formation professionnelle et qui ont besoin de rétroaction. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

« Il y a une tradition de projets qui se sont réalisés en extérieur, ajoute Danièle Desnoyers. Et il y a beaucoup d’artistes en ce moment qui investissent les lieux publics. Je voulais que nos étudiants vivent ça, en invitant également des professionnels qui ont ce plaisir de travailler dans la ville. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

« Se retrouver en dehors des studios, c’est à la fois déstabilisant et excitant », explique Mélia Boivin, étudiante au baccalauréat en danse (au centre sur la photo). « L’in situ, travailler dans les parcs, ce n’est pas quelque chose qu’on a fait l’année dernière. On l’apprécie toutes pour l’instant, mais on verra quand il fera - 40 °C ! » Si les mesures sanitaires le permettent, les cours en plein air se poursuivront tout l’automne, ainsi que l’hiver prochain.