Alors que les médecins spécialistes demandent une révision du projet du futur Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) sous prétexte qu'il est incomplet, les omnipraticiens du CHUM assurent qu'il n'en est rien. Ils souhaitent d'ailleurs que le nouvel établissement soit construit au plus vite sur le site de l'actuel l'hôpital Saint-Luc.

Ariane Lacoursière

«Ces temps-ci, on entend juste un porte-parole, celui de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Mais on ne partage pas l'ensemble de ses revendications», affirme le chef du département de médecine générale du CHUM, le Dr André Bourque.

Les omnipraticiens reconnaissent que le CHUM actuel, établi sur trois sites différents, est «dysfonctionnel et ingérable». «Il est urgent de réaliser le nouvel hôpital sur un seul site», dit le Dr Bourque.

Les omnipraticiens du CHUM savent déjà que certains d'entre eux ne pourront pas travailler dans le nouvel hôpital. Certains devront plutôt s'installer dans l'hôpital Notre-Dame, qui sera transformé en hôpital local.

La majorité des services de médecine générale seront offerts à la fois au CHUM et à l'hôpital Notre-Dame. Mais certains seront plutôt concentrés dans l'hôpital Notre-Dame, dont la médecine familiale.

Selon le Dr Bourque, le fait que les services de médecine générale soient ainsi séparés ne dérange aucunement les omnipraticiens. «L'important, c'est qu'il y aura de la médecine générale au CHUM. C'est important pour l'enseignement», dit-il.

Le Dr Bourque estime que le projet du futur CHUM «avance bien» et que ce n'est pas le moment de remettre le tout en question. «Il faut que ça avance», dit-il.

Physio, ergo et autres

Après les médecins, les techniciens, physiothérapeutes, nutritionnistes et autres employés du CHUM, représentés par l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), ont eux aussi mis leur grain de sel dans le débat sur leur hôpital, hier.

«Les travailleurs du CHUM trouvent leur environnement de travail insécurisant et démobilisant», affirme la présidente de l'APTS, Dominique Verreault.

Selon Mme Verreault le CHUM «est incapable d'attirer et de retenir du personnel parce que le climat de travail est malsain». «Nos membres ne savent pas si la situation va changer dans le futur CHUM. Mais l'incertitude qui règne fait que plusieurs préfèrent partir», dit-elle.

Mme Verreault déplore aussi que les travailleurs du CHUM ne reçoivent que très peu d'information sur l'avenir du projet du CHUM. «Tout ce qu'on apprend, c'est par les médias. Les gens ont besoin d'être rassurés. On aimerait que le ministre de la santé les rencontre pour leur expliquer de quoi aura l'air leur avenir», dit Mme Verreault.