La critique de restaurants prend un nouveau virage à La Presse. Comme toujours, nos critiques vous racontent leur expérience en soulignant les bons et, parfois, les moins bons coups. Mais nous vous expliquons désormais le choix d’un restaurant ou d’un autre. Nous vous présentons aussi l’équipe en salle et en cuisine. Cette semaine : Krapow, un hommage à la cuisine de l’Asie du Sud-Est.

Publié le 27 nov. 2021
Ève Dumas
Ève Dumas La Presse

Pourquoi en parler ?

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Petit, invitant, le Krapow permet de manger sur place ou d’emporter ses plats.

Avant d’ouvrir ses portes officiellement, en octobre 2020, Krapow avait fait ses preuves sous une tente en pleine avenue du Mont-Royal fermée à la circulation automobile, durant l’été 2020. Ça a pris tout de suite, et les habitués se sont vite accumulés. Il n’y a que cinq plats au menu, dont une proposition végétarienne, même souvent végane. Offre limitée égale recettes éprouvées et exécution parfaite ! Les goûts sont si maîtrisés qu’ils restent imprimés dans la mémoire gustative et font naître à l’occasion d’incontrôlables fringales. Heureusement, ces fringales sont faciles à satisfaire, sur place ou à emporter, à prix très raisonnables, qui plus est.

Qui sont-ils ?

  • Kevin Larken et Kimberley Bridle sont les propriétaires du Krapow.

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    Kevin Larken et Kimberley Bridle sont les propriétaires du Krapow.

  • Le couple de propriétaires, entouré de l’équipe du Krapow : Sami Abou Nassar Calderon, Natasha Holden et Jérôme Villarasa.

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    Le couple de propriétaires, entouré de l’équipe du Krapow : Sami Abou Nassar Calderon, Natasha Holden et Jérôme Villarasa.

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Kimberley Bridle est née en Thaïlande. Kevin Larken est Montréalais. Ses parents ont possédé plusieurs restaurants sichuanais à Montréal et à Ottawa. Il a vécu et travaillé en publicité à Singapour, en Malaisie et en Indonésie, pour finalement aboutir à Bangkok, où il a rencontré sa douce moitié. Kevin se voyait un jour ouvrir un restaurant de spécialités montréalaises en Asie. Mais finalement, un séjour du couple à Montréal en décembre 2019 s’est transformé en déménagement un peu mouvementé, pour les raisons que l’on sait. Kimberley a rapidement eu la nostalgie de sa cuisine d’origine. Moins d’un an plus tard, en octobre 2020, le couple ouvrait un petit comptoir de plats à emporter, au cœur du Plateau. Revirement de situation pour le tandem qui allait donc plutôt préparer ses plats asiatiques préférés aux Montréalais, avec son équipe du tonnerre (dont un ancien du groupe Joe Beef, Jérôme Villarasa).

Notre expérience

Krapow

  • Le fortifiant bœuf rendang indonésien est un ragoût à base de lait de coco, plein d’épices chaudes (cannelle, clou de girofle, cardamome), de galanga, d’ail, etc.

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    Le fortifiant bœuf rendang indonésien est un ragoût à base de lait de coco, plein d’épices chaudes (cannelle, clou de girofle, cardamome), de galanga, d’ail, etc.

  • Une escale gustative en Malaisie est aussi possible, grâce au poulet sambal belacan.

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    Une escale gustative en Malaisie est aussi possible, grâce au poulet sambal belacan.

  • Il y a une toute petite section épicerie au Krapow.

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    Il y a une toute petite section épicerie au Krapow.

  • Le Krapow peut compter sur une bonne équipe soudée, dont Natasha Holden et Sami Abou Nassar Calderon.

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    Le Krapow peut compter sur une bonne équipe soudée, dont Natasha Holden et Sami Abou Nassar Calderon.

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Nous avons « testé » le Krapow à plusieurs reprises, toujours avec grande satisfaction : au printemps, sur une table de pique-nique devant le restaurant qui ne pouvait encore recevoir à l’intérieur ; cet été, à emporter ; il y a quelques semaines, à une des quelques tables hautes de la petite salle à manger.

Le plat signature est un classique de la cuisine de rue présent dans l’ensemble de la Thaïlande. Kim et Kevin ont voulu reproduire le goût de leur krapow préféré, provenant d’un boui-boui au fond d’une ruelle de Bangkok. La préparation bien aromatique de bœuf haché, de basilic (« krapow » en thaïlandais), d’ail, de piment et de sauces (toutes sans gluten, comme l’ensemble du menu, d’ailleurs) est servie avec un œuf frit coulant. Comme tous les autres plats de la maison, elle est accompagnée d’un délicat riz à la noix de coco et à la citronnelle. Chaque bouchée en appelle une autre, et une autre, et une autre… Il y a une version sans viande du plat (mais non végétarienne puisqu’elle contient de la sauce poisson et de la sauce aux huîtres), préparée avec du Beyond Meat.

Si vous préférez voyager en Indonésie, c’est le fortifiant bœuf rendang qu’il faut commander. Ce ragoût à base de lait de coco est plein d’épices chaudes (cannelle, clou de girofle, cardamome), de galanga, d’ail, etc. Une escale gustative en Malaisie est aussi possible, grâce au poulet sambal belacan. Comme si elles n’étaient pas déjà assez umami, ces lanières de poulet sucrées, salées, épicées et incroyablement savoureuses sont saupoudrées de noix de coco grillée et d’échalotes frites.

Pour les mois d’hiver qui s’en viennent, la soupe Tom Kha Gai enrichie au lait de coco saura nous réchauffer de l’intérieur. On y trouve du poulet, des pleurotes, du galanga, de la citronnelle et bien sûr du piment. Ici, on pratique le style « royal », plus riche que celui des rues de Bangkok.

Notre tolérance au piment est bonne, sans être celle d’un natif de la Thaïlande ou du Mexique. Elle n’a toutefois jamais été mise à rude épreuve au Krapow. Si vous aimez que ça pique, c’est possible de demander à la cuisine d’augmenter la dose !

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Le Krapow est situé sur l’avenue du Mont-Royal Est.

Dans notre verre (ou notre tasse !)

Le Krapow n’a pas de permis d’alcool. On peut y boire de l’eau de coco et d’autres boissons typiques des contrées d’où viennent les plats. Kimberley prépare aussi une délicieuse infusion au gingembre rouge et à la citronnelle qui fait beaucoup de bien par les temps qui courent.

Combien ?

Le prix des plats se situe entre 8,95 $ et 14,95 $. Il est possible de commander des « à-côtés » de légumes sautés ou de riz au coco pour une somme inférieure.

Bon à savoir

Tout est sans gluten ici. Il y a aussi toujours un nouveau plat végétarien, voire végane, toutes les deux semaines. La cuisine fait même sa propre imitation végane de la « sauce poisson ». Bientôt, ce sera au tour du « curry de Noël », une tentative de tradition commencée l’an dernier. Il s’agit d’un curry rouge à la thaïlandaise à base de châtaignes grillées, de légumes, de longane (un fruit qui ressemble au litchi) et de cannelle, entre autres.

Information

Le Krapow est ouvert de 11 h 30 à 19 h 30, du mardi au samedi, mais sera fermé pour les vacances des Fêtes, du 24 décembre au 4 janvier.

1139a, avenue du Mont-Royal Est, Montréal

Consultez le site du Krapow