La vaste majorité des restaurants sont fermés, mais certains ont décidé de rester ouverts pour offrir des mets à emporter ou à faire livrer. Ainsi, La Presse ne publiera plus de critique resto pour quelque temps. Toutefois, vous pouvez consulter notre liste, au bas du texte, d’établissements qui proposent toujours de bons repas. Avant de se dire à bientôt, notre critique de restaurants Marie-Claude Lortie vous parle de son expérience de plats livrés par le Pied de Cochon.

Marie-Claude Lortie Marie-Claude Lortie
La Presse

La crise nous a volé notre saison des sucres cette année.

Mais il y a encore moyen de faire un festin de cabane en commandant au Pied de Cochon, chez Martin Picard, le chef précurseur qui a totalement réinventé cette tradition québécoise, pour le mieux.

« Oui, mais c’est cher, oui, mais il y en a trop. » J’entends souvent ces commentaires depuis que sa cabane est venue totalement chambouler nos idées reçues.

Eh bien justement.

À 68 $ pour deux, ce menu à manger à la maison est une aubaine. Pourquoi ? Parce qu’il y en a pour trois, sinon même pour quatre…

La procédure n’est pas compliquée : on commande et on paie en ligne, et soit on se fait livrer à la maison, soit on ramasse le tout rue Duluth, dans une boutique éphémère, ou à la Cabane à sucre du Pied de Cochon, à Saint-Benoît à Mirabel.

Moi, j’ai choisi la livraison maison. On m’a apporté le tout efficacement, avec petit coup de fil au préalable du livreur, pour que je n’oublie pas de prendre le paquet sur mon perron.

Que comprenait-il ?

De la soupe aux pois, une embeurrée de chou, des fèves au lard, du jambon, des galettes, de la crème caramel au dulce de leche à l’érable.

C’était pour quatre, on était cinq. On en a mangé toute la semaine.

Est-ce que c’était bon ?

Absolument.

Riche, décadent, délicieux. Et franchement festif, à un moment où on a bien besoin de ces petits plaisirs qui nous donnent l’impression de partir en voyage dans notre cœur, dans nos souvenirs.

La soupe aux pois est un classique du Pied de Cochon, donc on parle de pois cassés jaunes, de couenne de porc, avec juste assez de thym et d’ail. De la soupe classique, mais poussée toujours un peu plus loin pour aller chercher des saveurs nouvelles, ignorées, concept signature de la maison. On la mange avec des « grilled-cheese » de galettes de sarrasin au bacon fumé, qu’on fait réchauffer dans la poêle pour les rendre un peu croustillants. Juste là, on n’a plus faim.

Mais il reste encore des fèves au lard au canard et au sirop d’érable, presque caramélisées. Encore ici, même concept : on prend la recette traditionnelle par la main et on lui fait faire de grandes choses pour approfondir le goût, le complexifier.

Pour la suite, on tombe dans un dense, mais tendre petit jambon, cuit dans beaucoup de sirop et parfumé au thym, qu’on accompagne d’une embeurrée de chou un peu piquante et riche, puisque le tout est cuisiné avec du gras de canard. Une touche de mirin, du vin de riz japonais, contribue à la complexité. Si vous aimez la choucroute, vous allez adorer. Pour l’acidité, la maison ajoute de la moutarde du Pied de Cochon à la commande.

Un régal de saison.

Si vous avez encore faim, il y a du dessert. Une extrêmement riche crème caramel, préparée avec le dulce de leche à l’érable du Pied de Cochon. Et amplement de sirop d’érable, qui s’était un peu cristallisé dans le fond du pot. Cela n’est pas un reproche, mais c’est plutôt un moment de joie, car ça nous rappelle comment, à la cabane à sucre, on s’amuse avec les déclinaisons du sirop, comme rarement ailleurs pendant l’année.

Les amateurs feront ensuite bouillir du sirop et s’inventeront un peu de neige pour la cérémonie de la tire maison.

Joyeuses Pâques tout le monde.

Au Pied de Cochon

Repas des sucres à 68 $ pour deux personnes.

Livraison à domicile dans la région métropolitaine ou on va chercher le tout au magasin général Cochon, au 540, avenue Duluth Est, Montréal, ouvert tous les jours, de 11 h à 20 h, ou alors à la Cabane à sucre Au Pied de Cochon, 11 382, rang de la Fresnière, Saint-Benoît de Mirabel, ouvert du vendredi au dimanche, de 11 h à 20 h.

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> Consultez l'article de La Presse sur les établissements qui offrent toujours des repas