Je reviens sur le sujet. Celui des odeurs, de ce qui sent bon ou non, et de qui en décide. En plus de l’acceptation des odeurs, le seuil de perception varie aussi beaucoup d’un individu à l’autre. La semaine dernière, je mentionnais l’acidité volatile. Présente dans tous les vins, sa teneur maximale est toutefois réglementée. À petite dose, elle donne de l’éclat aux arômes, accentue les notes fruitées et florales. À plus forte concentration, elle peut rappeler le dissolvant à vernis à ongles ou le crayon-feutre. Mea culpa : j’aime l’acidité volatile et j’y ai une tolérance élevée. Pas surprenant : petite, j’aimais aussi l’odeur des crayons-feutres.

Véronique Rivest Véronique Rivest
Sommelière, collaboratrice invitée

Vibrant ou déviant ?

Damien Coquelet élabore ses vins de façon très naturelle. Celui-ci, très aromatique, est aussi marqué par l’acidité volatile. Mais, selon moi, elle ne fait qu’apporter plus d’éclat et de charme à l’abondance de notes fruitées et florales. La bouche est superbe, avec matière et tenue, beaucoup de fraîcheur, de la mâche et juste ce qu’il faut de tanins. Un peu de gaz carbonique justifie un passage en carafe, ou une ouverture la veille (rebouchez et placez la bouteille au frigo). C’est l’exemple parfait du vin nature polarisant. Ceux qui aiment apprécieront son caractère naturel, vibrant, un peu sauvage, sa texture brute, sans artifice, avec du grain et de la mâche. Ceux qui n’aiment pas diront que ça pue, que c’est déviant, que ce n’est pas normal. Mais c’est quoi, normal ?

Damien Coquelet Morgon Côte du Py 2018, 28,30 $ (14256787), 12,5 %

Garde : de 5 à 6 ans

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Joli pinot noir

PHOTO FOURNIE PAR LA SAQ

Didier Erker Les Bois Chevaux Givry 1er Cru 2017

On dit que la côte chalonnaise offre des vins d’un bon rapport qualité-prix. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui avec la flambée continue des prix des vins des grandes appellations de la Côte d’Or. Il y a de petits bijoux chez les vignerons qui travaillent bien. Comme ce très joli pinot noir, pâle et fin, au nez complexe et fruité — framboise, gadelle, cerise et mûre — avec quelques notes de sous-bois, d’épices et de pain grillé. Très élégant en bouche, il fait preuve de finesse et de fraîcheur, tout en étant bien mûr. Des tanins légers, mais fermes, ainsi qu’un équilibre irréprochable lui assurent un bel avenir. Du parfum, de l’élégance, de la matière : que demander de plus ?

Didier Erker Les Bois Chevaux Givry 1er Cru 2017, 32,25 $ (880492), 13 %

Garde : de 6 à 8 ans

> Consultez la fiche de la SAQ : https://www.saq.com/fr/880492?q=880492

De la texture à petit prix

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Ciu Ciu Oris Falerio 2018

Ciu Ciu, c’est le nom du producteur. Oris, le nom de la cuvée. Et Falerio, le nom de l’appellation, située dans les Marches, sur la côte adriatique. Elle est réservée aux vins blancs secs, et met en vedette des cépages locaux. Ce vin est élaboré avec les cépages pecorino, passerina et trebbiano toscano en cuve inox. Peu fruité, ses arômes rappellent plutôt les embruns, avec quelques notes d’agrumes et une impression minérale. Sec et très frais, avec du grain à la texture. Le pecorino est d’ailleurs reconnu pour donner des vins fermes, qui font preuve de minéralité. Un vin de texture, plus que d’arômes. Pas très complexe, mais drôlement bien ficelé et vraiment intéressant à ce prix !

Ciu Ciu Oris Falerio 2018, 12,85 $ (13575815), 13 %, bio

Garde : de 2 à 3 ans

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