(Québec) Le chef libéral Justin Trudeau a multiplié les arrêts dans des circonscriptions bien ciblées au Québec en cette fin de campagne, dans l’espoir d’arracher des sièges au Bloc québécois et de remporter le vote.

Catherine Lévesque La Presse Canadienne

Jeudi, M. Trudeau était de passage à Trois-Rivières pour la deuxième fois depuis le début de la campagne électorale afin d’appuyer son candidat libéral Martin Francœur, ex-éditorialiste du quotidien Le Nouvelliste. Le camp libéral ne se fait pas d’illusion ; la course sera serrée dans la circonscription.  

La députée sortante de Trois-Rivières, la bloquiste Louise Charbonneau, a annoncé qu’elle ne se représenterait pas. M. Francœur affronte donc le candidat bloquiste René Villemure, un éthicien et bon ami du chef Yves-François Blanchet, ainsi que le candidat conservateur Yves Lévesque, ancien maire de Trois-Rivières.

De passage sur le boulevard des Forges dans la capitale de la poésie, les gens se sont entassés autour de M. Trudeau dans l’espoir d’obtenir une photo ou un égoportrait.

Mike Thompson, lui, était assis tout bonnement sur le trottoir avec sa guitare. M. Trudeau s’est accroupi pour être à sa hauteur. M. Thompson lui a proposé d’interpréter une chanson des Beatles, de Johnny Cash ou d’Elvis Presley. Le chef libéral a choisi la dernière option.

« La PCU (Prestation canadienne d’urgence), c’était une très bonne idée, ça a stimulé l’économie », lui a dit M. Thompson après sa performance.

« Il fallait qu’on soit là les uns pour les autres », a opiné le chef libéral.

Quelques mètres plus loin, l’accueil était moins cordial.

« Ton père nous a mis dans la marde, pis toi, tu nous cales dedans ! » lui a lancé Jean Morin qui attendait la venue de M. Trudeau pour lui faire part de sa pensée sur la tenue d’élections qu’il qualifie d’inutiles et coûteuses, de même que le versement des prestations pendant la pandémie, et ce en pleine pénurie de main-d’œuvre.

« J’en ai vu, des élections, et je pense que c’est la plus mal placée. Ce n’est vraiment pas le temps de dépenser 600 millions pour se retrouver au même point, probablement. Ça ne sera pas majoritaire », a-t-il dit ensuite en entrevue.

M. Morin ne s’en cache pas, il a voté pour le candidat conservateur.

Plus tard dans la journée, l’équipe de M. Trudeau était de passage dans Beauport-Limoilou, à Québec, là aussi pour la deuxième fois depuis le début de la campagne, afin d’appuyer la candidate libérale, la syndicaliste Ann Gingras.

Mme Gingras affronte la députée bloquiste sortante, Julie Vignola, et le député conservateur élu de 2015 à 2019, Alupa Clarke, qui se présente à nouveau.

Sur la 3e Avenue, les gens sont nombreux à approcher M. Trudeau. La plupart veulent des photos, mais d’autres souhaitent lui parler d’enjeux. Une jeune maman, qui n’a pas voulu s’identifier aux médias, a insisté sur l’importance des places en garderies et de la réforme de l’assurance-emploi.

Après leur conversation, elle a réveillé son bébé, qui était dans son carrosse, afin de prendre une photo avec le chef libéral.

Depuis le début de la campagne, les libéraux ont aussi visité à deux reprises Longueuil – Saint-Hubert pour soutenir leur candidate Florence Gagnon. Ils ont aussi été de passage à Thérèse-De Blainville, où l’ancien député Ramez Ayoub tente un retour. Les libéraux ont visité à une reprise Montarville, Saint-Jean, La Prairie et Shefford.

Toutes ces circonscriptions dans les couronnes sud et nord de Montréal ont été remportées par les bloquistes lors des élections de 2019.

Le lieutenant de M. Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, l’admet : la question posée au chef bloquiste au débat en anglais à propos de la loi sur la laïcité a eu un impact au Québec. Or, il ne croit pas que ça aura une influence au moment d’aller aux urnes, lundi.

« Moi, c’est ma septième campagne électorale, mais je n’ai jamais senti autant d’ouverture sur le terrain, honnêtement. Et le fait qu’on soit ici, le fait qu’on aille dans les différents autres comtés démontre qu’on a une capacité de croissance », analyse-t-il, en bordure d’un restaurant de poutine à Blainville.

« En bout de ligne, le Bloc québécois veut qu’on se contente de choisir l’opposition. C’est comme si les Québécois, on n’était pas assez ambitieux pour choisir le gouvernement. On a le droit d’avoir une voix au chapitre et de choisir le gouvernement », ajoute-t-il.

C’est à ce moment que Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire Trudeau sont sortis du restaurant avec des hot-dogs et des poutines.