Justin Trudeau n’est pas parvenu à dissiper le flou sur le sort qui attend les fonctionnaires fédéraux qui refuseraient la vaccination obligatoire contre la COVID-19 si son parti est réélu aux prochaines élections.

Catherine Lévesque La Presse Canadienne

Le chef libéral a été questionné par les journalistes là-dessus au lendemain de la suppression d’une récente note de la dirigeante principale des ressources humaines de la fonction publique du Canada, Christine Donoghue, qui reprenait essentiellement les propositions du Parti conservateur pour les fonctionnaires qui refuseraient de se faire vacciner pour entrer au travail.

Dans un message daté du 13 août, Mme Donoghue écrivait : « Pour ceux qui refusent de se faire vacciner, nous devrons considérer des mesures de rechange, comme les tests et le dépistage. » Mardi, cette page web affichait toujours un message « Erreur 404 ».

« Ce que les fonctionnaires au Conseil du trésor ont dit était erroné », a soutenu M. Trudeau, mardi. « La réalité, c’est que nous sommes très, très clairs que les fonctionnaires fédéraux doivent se faire vacciner. Nous allons travailler avec les syndicats, avec tous les partenaires pour s’assurer que ce soit le cas. Et c’est une position extrêmement différente du Parti conservateur », s’est-il défendu.

En réponse à une autre question, le chef libéral a indiqué que le gouvernement fédéral allait travailler avec ses partenaires pour s’assurer qu’il y aurait des « conséquences pour quiconque ne voudrait pas se faire vacciner et qui n’a pas une bonne raison médicale de l’être ». Quelles seront ces conséquences ? Il n’a pas voulu s’avancer là-dessus.

« Nous sommes sans équivoque : les fonctionnaires vont devoir se faire vacciner », a réitéré M. Trudeau.

Les conservateurs, de leur côté, ont réclamé que Janice Charette, la greffière par intérim du Conseil privé, ouvre une enquête pour ce qu’ils estiment être une « violation grave » de la Convention de transition par le gouvernement du Canada. Cette convention veut que le gouvernement fédéral fasse le strict nécessaire pour le bon fonctionnement du pays pendant une période électorale.

« Il est clair que la Dirigeante principale des ressources humaines et le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada ont reçu la directive de supprimer cette politique. En raison du moment où la politique a été retirée du site, la directive de retrait ne peut qu’être partisane », a écrit Michael Barrett, candidat conservateur dans Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes à Mme Charette.

Les libéraux soutiennent qu’il n’y a pas eu d’ingérence partisane de leur part dans la suppression du message de Mme Donoghue.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a plutôt misé sur la méthode forte pour les fonctionnaires qui refusent la vaccination. « Toutes les conventions collectives prévoient un processus de mesures disciplinaires progressives, pouvant aller jusqu’au licenciement. La discipline devrait toujours être un dernier recours, mais elle peut être nécessaire dans de rares cas », a-t-il dit.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) n’a pas tardé à réagir aux déclarations des dernières heures.

« L’AFPC appuie les mesures sur la vaccination obligatoire dans la fonction publique fédérale afin de mieux protéger nos membres et nos collectivités. Cependant, il est inacceptable de recourir à des mesures disciplinaires et au licenciement pour les faire respecter », a déclaré le syndicat dans une déclaration publiée mardi après-midi.

« Si certains employés ne peuvent pas, ou ne veulent pas, se faire vacciner, le gouvernement doit les réaffecter temporairement à d’autres tâches, dans la mesure du possible, ou prévoir d’autres modalités de travail comme le télétravail. Au besoin, d’autres mesures doivent être envisagées, notamment le dépistage régulier et rapide », y ajoute-t-on.