Le nombre de plaintes liées aux services en français d’Élections Canada au scrutin de lundi dernier et lors du vote par anticipation connaît une hausse importante. Le Commissariat aux langues officielles a confirmé avoir reçu (en date d’hier) 103 plaintes en lien avec le service français, alors qu’aux élections fédérales de 2015, il y en avait eu 24.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Ce bond considérable n’est pas étranger aux difficultés de recrutement qu’a connues cette année Élections Canada, alors que le pays est aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre.

« Les Canadiens ont le droit de voter dans la langue officielle de leur choix lors des élections fédérales. Ce droit comprend les services offerts par Élections Canada, mais exclut les activités organisées par les partis politiques […], qui ne sont pas assujettis à la Loi sur les langues officielles », a indiqué le Commissariat par courriel.

En tout, 103 plaintes au sujet des services dans la langue de Molière et trois autres en lien avec les services en anglais ont été formulées au Commissariat au cours du processus électoral. Deux plaintes ont aussi été adressées à propos de la formation offerte par Élections Canada. En 2015, les 24 plaintes ne visaient que les services en français.

À la lumière des plaintes reçues par le Commissariat depuis le début du vote par anticipation, force est de constater qu’il reste encore du travail à faire et que les Canadiens ne sont pas toujours en mesure d’obtenir des services dans la langue officielle de leur choix au moment de voter.

Le Commissariat aux langues officielles

Élections Canada ne cache pas que le recrutement et la rétention de personnel ont été particulièrement difficiles cette année, notamment en raison des heures prolongées des jours de vote par anticipation. L’organisme indépendant estime qu’il doit engager quelque 300 000 personnes à travers le pays pour la tenue des élections générales.

« Le défi a [assurément] été plus grand cette année qu’en 2015 », tranche le directeur par intérim des relations avec les médias, Nick Gamache. « C’est une combinaison d’avoir à engager beaucoup de gens, avec plus de tâches qu’avant et dans un contexte économique où dans plusieurs régions, il y a un taux de chômage assez bas », dit-il.

« Tempête parfaite »

Recruter « du personnel qualifié et bilingue » dans « cette tempête parfaite » rend la tâche plus complexe, admet Élections Canada, et ce, même si les élections se tenaient cette année à date fixe. « Il y a beaucoup de choses qui ont besoin d’être réévaluées. Ça fait partie du travail qui va se faire au cours des prochains mois », ajoute M. Gamache.

Une attention particulière sera en ce sens portée aux langues officielles. « Le but n’est pas de changer les standards de service, mais de voir comment on répond à ces standards-là. »

On pourrait par exemple s’entendre avec une école francophone pour que les élèves de 16 ou 17 ans soient libérés pendant les élections.

Élections Canada a mis en place un processus et des procédures internes pour s’assurer du règlement rapide des plaintes reçues concernant les langues officielles. Le Commissariat assure par ailleurs « collaborer étroitement » avec l’organisme pour « remédier à la situation en temps réel ».

Dans la plupart des cas, la résolution est prise quelques heures après la réception des plaintes, assure le Commissariat aux langues officielles.