(Ottawa) Seule candidate indépendante à avoir été élue au pays, Jody Wilson-Raybould promet de ne pas devenir une transfuge. Et elle est déçue que son amie Jane Philpott, qui avait solidairement démissionné du cabinet, n’ait pas eu la main aussi heureuse.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

L’ex-ministre de la Justice et procureure générale, qui a claqué la porte du Conseil des ministres libéral en raison des pressions indues qu’elle disait avoir subies dans le dossier SNC-Lavalin, a remporté son pari, recueillant 32,3 % des votes, devant le libéral Taleeb Noormohamed (26,6 %)

« Se présenter comme indépendante est un énorme défi, surtout dans un système qui place les partis au premier plan. Je sais que les gens de Vancouver Granville se posaient beaucoup de questions sur une candidature indépendante », explique-t-elle à La Presse.

« Et je vais continuer à les représenter ainsi pendant tout mon mandat », soutient-elle lorsqu’on lui demande si elle pourrait traverser l’allée centrale, disant « ne pas comprendre » pourquoi cette question lui est posée.

Celle qui, au lancement de la campagne, espérait l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire a vu ses vœux exaucés. Elle invite maintenant Justin Trudeau à en prendre acte et à travailler avec tous les partis.

Plus que jamais, on doit travailler ensemble, car nous faisons face
à des défis majeurs, dont la lutte contre les changements climatiques.

Jody Wilson-Raybould

« Je vais évidemment travailler avec [les libéraux] parce que je suis une progressiste », soutient Mme Wilson-Raybould.

Une rumeur dont l’origine est encore nébuleuse la place dans la course pour le siège du président de la Chambre. Interrogée à ce sujet sur les ondes de CTV, hier, elle a semblé surprise. Elle deviendrait la première femme depuis Jeanne Sauvé à s’y installer.

Le duo démantelé

Sa complice Jane Philpott n’a pas souhaité accorder d’entrevue à La Presse pour discuter de sa défaite dans la circonscription de Markham–Stouffville. Elle y a fini en troisième place, derrière la libérale Helena Jaczek et le conservateur Theodore Antony.

« Je lui ai parlé à plusieurs reprises depuis lundi. Je suis déçue […]. J’ai eu le grand plaisir de travailler avec elle pendant quatre ans, dont trois comme ministre. Je pense qu’elle était la meilleure ministre du cabinet », lance Mme Wilson-Raybould.

PHOTO CHRIS YOUNG, LA PRESSE CANADIENNE

Jane Philpott a fini en troisième place dans la circonscription de Markham–Stouffville.

Si certains ont suggéré que Jane Philpott avait commis une erreur en la suivant hors de l’enceinte du Conseil des ministres en signe d’appui, elle ne se sent aucunement responsable de ce dénouement.

« Non. Jane est une personne solide qui a des valeurs et des principes solides. Et elle agit en fonction de ceux-ci. Elle prend ses propres décisions. Et je l’appuie dans ses décisions futures, dans tout ce qu’elle entreprendra », signale-t-elle.