Après avoir formulé en campagne le souhait de se voir confier la « balance » du pouvoir dans l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire, le Bloc québécois se retrouve dans une situation un peu complexe.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Le gouvernement libéral est bel et bien minoritaire. Le Bloc a bel et bien conclu une récolte appréciable de 32 sièges. Mais c’est pourtant le Nouveau Parti démocratique qui, avec ses 25 députés, se retrouve en position de force pour donner aux libéraux les appuis nécessaires pour sauver le gouvernement d’une défaite en chambre.

Invité à commenter la situation au cours d’un point de presse succinct ce mardi à Montréal, le chef bloquiste Yves-François Blanchet n’a pas souhaité élaborer sur les décisions futures de son parti aux Communes, pas plus que sur le « choix des outils parlementaires » qu’il compte mettre de l’avant.

« Les supputations stratégiques sont intéressantes, mais, à bien des égards, prématurées », a résumé M. Blanchet, moins de 24 heures après la meilleure performance de son parti depuis les élections de 2008.

Conséquemment, le leader bloquiste n’a pas souhaité se prononcer sur la possibilité de déposer une motion de censure envers le gouvernement si celui-ci contribuait à contester la loi québécoise sur la laïcité de l’État devant les tribunaux, pas plus qu’il n’a voulu se définir comme le porteur du projet de troisième lien de Québec auprès du gouvernement fédéral – il préfère à ce sujet attendre le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

« Je ne suis pas dans les calculs stratégiques et tactiques, mais dans le déploiement des valeurs et principes de notre propre programme », a-t-il insisté.

« L’esprit du mandat [qui nous est confié] a été clairement défini par notre propre campagne ; sa mise en forme et son déploiement demanderont une réflexion. »

Selon lui, c’est à Justin Trudeau que revient la « responsabilité » de faire fonctionner le Parlement en collaboration avec les partis de l’opposition, à plus forte raison dans un contexte minoritaire. « Un mandat est censé durer quatre ans, c’est sa tâche de faire le nécessaire pour faire son travail en respect des décisions des Canadiens et des Québécois », a dit M. Blanchet en réponse à une question en anglais.

Sans spéculer sur les alliances potentielles entre libéraux et néo-démocrates, M. Blanchet a tout de même souligné qu’il était curieux de voir comment le NPD, résolument anti-pipeline, allait pouvoir travailler avec le gouvernement libéral et son oléoduc Trans Mountain. Néanmoins, « c’est le défi du NPD, pas le nôtre », a-t-il laissé tomber.