(BEAUCEVILLE)  Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a perdu son pari. Le député sortant de Beauce a mordu la poussière contre le candidat de son ancienne formation politique, le conservateur Richard Lehoux. Et aucun candidat du PPC n’avait de réelles chances de se faire élire ailleurs au pays.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Au moment de publier, Richard Lehoux récoltait 39 % contre 28 % pour Maxime Bernier. Le Bloc québécois était troisième avec 14 %, suivi du Parti libéral du Canada à 12 %.

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Le Parti conservateur opposait à Maxime Bernier l’ancien président de la Fédération québécoise des municipalités et ex-maire de Saint-Elzéar. Richard Lehoux a également été producteur laitier, ce qui n’est pas anodin. Les producteurs laitiers avaient mené une offensive pour empêcher Maxime Bernier, un farouche opposant à la gestion de l’offre, de prendre la tête du Parti conservateur en 2017. M. Bernier claquait la porte de la formation l’année suivante pour créer son propre parti. Le PPC avait un candidat dans presque toutes les circonscriptions – 315 sur un total de 338.

« Je suis un peu nerveux », reconnaissait Maxime Bernier dans sa chambre d’hôtel, entouré de ses proches pour suivre la soirée électorale. « C’est une élection qui est plus serrée que les autres élections », ajoutait-il. Il maintenait que « le Parti populaire a une place au sein de l’échiquier politique canadien. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Maxime Bernier avec sa conjointe

Tel père, tel fils, dit-on. Maxime Bernier aura été député de Beauce pendant 13 ans, exactement le même nombre d’années que son père Gilles Bernier.

« C’est une élection plus difficile », reconnaissait le paternel juste avant le dévoilement des résultats. Il soupçonne le Parti conservateur d’avoir fait des « magouilles » pour nuire à son fils. Il a parlé à titre d’exemple des révélations du quotidien The Globe and Mail selon lesquelles les troupes d’Andrew Scheer auraient embauché une firme externe pour dénigrer le PPC.

Mais il y a aussi l’affaire « de l’autre candidat qui s’appelle Maxime Bernier », a-t-il ajouté. Il croit que les conservateurs sont derrière cette candidature étonnante du Parti Rhinocéros dans Beauce. Vous pouvez le démontrer ? lui a-t-on demandé. « On n’est pas rendu là », s’est-il contenté de répondre.

Cet autre Maxime Bernier – « importé du Lac-Saint-Jean », disait le député sortant lors de la campagne électorale – recueillait 2 % des voix lundi soir, un résultat semblable au Parti vert et au Nouveau parti démocratique.