Les jeux sont faits, rien ne va plus. Après avoir écouté les chefs de parti vendre leur programme et se chamailler entre eux pendant 40 jours, c’est maintenant au tour des électeurs de se faire entendre.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Un nombre record de Canadiens a déjà voté par anticipation : ils ont été 4,7 millions à le faire entre les 11 et 14 octobre – une hausse de 29 % par rapport au scrutin de 2015. Au total, quelque 27,2 millions de Canadiens sont admissibles à voter cette année.

C’est donc près d’un électeur sur cinq (17 %) qui a déjà fait son choix pour l’un des 2146 candidats à briguer les suffrages pour l’un des 21 partis enregistrés dans l’une des 338 circonscriptions au pays.

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À ceux qui ne se sont pas encore prononcés, les chefs ont adressé un ultime plaidoyer, hier. Les chefs des trois principaux partis – Justin Trudeau, Andrew Scheer et Jagmeet Singh – l’ont tous fait depuis la Colombie-Britannique, où une lutte féroce s’annonce.

Mais le chef libéral et son vis-à-vis conservateur avaient les yeux tournés vers le Québec, où ils tentent de sauver les meubles, menacés qu’ils sont par la montée fulgurante du Bloc québécois dans les intentions de vote.

Cette donne a chamboulé la campagne électorale, et elle risque de faire en sorte que le suspense de la soirée électorale de 2019 sera de plus longue durée qu’en 2015, alors que la projection de la victoire sans appel des libéraux était venue assez rapidement.

Car il y a quatre ans, les troupes de Justin Trudeau avaient balayé les 32 sièges en jeu dans l’Atlantique, puis raflé 40 sièges au Québec, avant de s’imposer ensuite dans la lucrative province de l’Ontario avec des victoires à Toronto et dans ses banlieues.

Avec une récolte de 184 sièges, le Parti libéral avait aisément franchi le seuil requis pour une majorité [170]. Maintenant que Justin Trudeau sollicite un deuxième mandat, après un premier en demi-teinte, tout pointe vers l’élection d’un gouvernement minoritaire.

Surtout qu’en plus de la poussée du Bloc québécois, il y a le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui a repris du poil de la bête et qui semble en bonne posture pour ravir certaines circonscriptions aux libéraux dans le centre-ville de Toronto ainsi qu’en Colombie-Britannique.

Reste à voir si la 43e législature sera rouge ou bleue, et ce que fera Andrew Scheer s’il remporte plus de sièges sans obtenir une majorité. Selon lui, la convention veut que le premier ministre sortant démissionne s’il gagne moins de sièges.

Cette allégation a été réfutée par des spécialistes : en vertu des règles parlementaires, le premier ministre sortant demeure en poste tant et aussi longtemps qu’il a la confiance de la Chambre.

Aux urnes, citoyens.

Le scrutin, mode d'emploi

PHOTO MATHIEU BELANGER, ARCHIVES REUTERS

Les électeurs pourront exprimer leur choix dans quelque 20 000 bureaux de vote à travers le pays.

Chez Élections Canada, c’est le grand jour. À compter de ce matin, plus de 200 000 employés accueilleront les électeurs dans quelque 20 000 bureaux de vote à travers le pays. Aperçu du déroulement du processus en six points.

35 millions

Plus de 35 millions de bulletins de vote ont été imprimés après la date limite du dépôt des candidatures, le 30 septembre dernier. Ils ont été expédiés par camion, par avion ou par hélicoptère dans les bureaux de vote du pays.

Trois moyens d’identification

Un électeur doit prouver son identité et son adresse. Il existe trois options : présenter une pièce d’identité du gouvernement (permis de conduire), fournir deux pièces d’identité (carte de l’électeur et facture d’un service public ou carte étudiante) ou, en l’absence d’une carte d’identité, indiquer son nom et son adresse que validera un répondant inscrit au même bureau de vote.

12 heures

Les bureaux de vote sont ouverts pendant 12 heures dans tout le pays. Le Canada possédant six fuseaux horaires qui couvrent au total quatre heures et demie, les heures d’ouverture sont décalées d’une province à l’autre afin que la majorité des résultats soient connus à peu près en même temps.

Le B.A.-ba du dépouillement

Dès la fermeture du bureau de scrutin, le scrutateur procède au dépouillement des votes manuellement, en présence de plusieurs personnes, dont des représentants des candidats. Il vide le contenu de l’urne, déplie les bulletins un à un, les montre à chaque personne présente et demande au greffier d’inscrire le résultat en faveur du candidat sélectionné. Il y a une pile par candidat et une pile pour les bulletins rejetés.

30 minutes

Les premiers résultats du dépouillement sont connus dans un délai d’environ 30 minutes après la fermeture des bureaux. Ils sont considérés comme préliminaires ; la validation est effectuée par un directeur de scrutin dans la semaine suivant le jour des élections.

10 ans

Les bulletins de vote sont envoyés dans un entrepôt et sont conservés pendant 10 ans après le jour des élections.