(Fredericton) Le Québec est l’enfant chéri de la fédération et bénéficie d’un traitement particulier qui nuit à l’unité canadienne, se plaint le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

À son avis, il est nuisible que les partis se plient en quatre pour tenter de soutirer des votes à l’une des provinces qui compte le plus de circonscriptions.

M. Higgs estime que le pays est devenu « plus divisé que jamais, d’aussi loin que je me souvienne » sous le leadership de Justin Trudeau. Le premier ministre progressiste-conservateur accuse le chef libéral de vouloir fermer l’industrie pétrolière dans l’Ouest canadien petit à petit, mais d’être prêt à tout pour sauver les emplois chez SNC-Lavalin au Québec.

« Si, comme premier ministre, vous pouvez fermer une industrie en Alberta et dire que ce n’est pas grave si on perd 200 000 emplois pour ensuite violer nos lois pour protéger des emplois ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire qu’on priorise le pays d’abord ou on priorise les endroits où on peut trouver le plus de votes ? » s’est demandé M. Higgs.

Faut-il en comprendre que le Québec est l’enfant chéri de la fédération, lui a-t-on demandé. « Ça a toujours été le cas, pour tout vous dire. Ce n’est pas nouveau », a répondu M. Higgs. Il a dit apprécier le « caractère unique » du Québec, mais les Québécois doivent « reconnaître d’où la valeur de l’argent provient », en référence aux paiements de péréquation.

Questionné au sujet des critiques du premier ministre néo-brunswickois, le chef libéral Justin Trudeau a dit que M. Higgs devrait plutôt mettre ses efforts pour assurer l’accès à l’avortement dans sa propre province. Rappelons que la seule clinique privée qui pratique des avortements au Nouveau-Brunswick va bientôt fermer ses portes faute de financement public.

M. Higgs sera-t-il capable de travailler avec M. Trudeau si ce dernier est réélu lundi prochain ? « Bonne question. Nous avons des philosophies très différentes », a lancé le premier ministre néo-brunswickois.

Le Bloc réplique

Invité à son tour à commenter les propos de Blaine Higgs, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ne s’est pas étonné de voir un premier ministre conservateur tenir de tels propos.

Il a même affirmé que les conservateurs d’un bout à l’autre du pays se mettraient à « casser du sucre sur le dos du Québec » jusqu’à lundi puisqu’ils auraient renoncé à faire des gains dans la province, selon lui.

« Nous, on fait une campagne positive, propre, que l’on veut enthousiasmante, mais ce que les provinces canadiennes veulent faire de leur propre campagne, ça leur appartient », a mentionné M. Blanchet.

En s’adressant plus directement au premier ministre Higgs, le chef bloquiste a dit n’avoir aucun problème avec le fait qu’il veuille « exprimer une opinion qui va alimenter la réflexion des gens ».

Il dit cependant douter fortement que cette déclaration puisse avoir l’effet souhaité par M. Higgs, surtout au Québec.

« Nous, notre grande sensibilité au Nouveau-Brunswick, c’est pour les francophones du Nouveau-Brunswick, que l’on considère comme des frères et des sœurs francophones. »