La majorité des électeurs canadiens ne sont pas pressés de voir le prochain gouvernement renouer avec l’équilibre budgétaire. Par contre, le pays est largement plus divisé en ce qui a trait au sort de l’exploitation pétrolière et de la lutte contre la pollution.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Ce sont là deux des conclusions que tire la firme de sondage Angus Reid à la suite d’une enquête d’opinion menée auprès de 2100 Canadiens.

Le coup de sonde révèle que 57 % des Canadiens appuient l’éventualité d’un déficit au cours des prochaines années, à la faveur d’investissements dans des programmes sociaux et de création d’emplois, tandis que 43 % des répondants préféreraient voir le pays atteindre l’équilibre budgétaire au cours du prochain mandat, et ce, même si cela implique des coupes dans des programmes existants.

Sans surprise, les positions sont radicalement plus tranchées selon l’allégeance politique. Ainsi, 78 % des répondants conservateurs prioriseraient la fin des déficits ; 77 % des répondants verts, 80 % des libéraux et 86 % des néo-démocrates pensent le contraire. Le Bloc n’a pas été considéré dans cette étude.

Dans le même sondage, la firme a voulu connaître les enjeux qui préoccupent le plus les électeurs. Encore une fois, c’est l’appartenance politique qui dicte les réponses. Chaque répondant pouvait cibler deux enjeux.

C’est la lutte contre les changements climatiques qui a été identifiée comme prioritaire par le plus de répondants (37 %). Ce score est toutefois dopé par les électeurs libéraux, néo-démocrates et verts, car seuls 6 % des conservateurs placent cet élément en tête de liste.

Les taxes et impôts, priorisés par 26 % des répondants, arrivent au deuxième rang des enjeux les plus importants. Un total de 44 % des électeurs conservateurs en font toutefois leur premier choix.

Pipelines

Les électeurs canadiens sont loin d’être fixés sur le sort à réserver à l’industrie pétrolière, plus précisément en ce qui concerne le développement des pipelines au pays.

Un peu plus du tiers des personnes sondées (35 %) croient que l’approche actuelle d’approbation à la pièce des projets d’oléoduc devrait être conservée. Or, la même proportion croit que davantage de projets devraient être mis de l’avant. Une quantité de répondants comparable, quoiqu’un peu moindre (31 %), croit qu’aucun nouveau pipeline ne devrait être construit.

Fait surprenant : alors que le NPD et le Parti vert militent pour empêcher tout nouveau projet, leurs électeurs appuient tout de même le statu quo dans des proportions respectives de 33 % et de 30 %.

La taxe carbone suscite elle aussi la division. Alors que 44 % des répondants, presque tous conservateurs, souhaitent l’abolir, 31 % la garderaient au niveau actuel et 24 % la hausseraient.

La firme Angus Reid, organisme sans but lucratif qui s’affiche comme non-partisan, a également sondé les électeurs sur l’accès à la propriété, la crise des opioïdes et l’assurance-médicaments. Son enquête en ligne a été menée du 12 au 15 octobre. Sa marge d’erreur est de 2 %, 19 fois sur 20.

Les résultats complets sont disponibles ici (en anglais).