Justin Trudeau a promis en 2015 la mise en œuvre d’un vaste plan national pour arriver à une « véritable réconciliation » avec les peuples autochtones, après la publication du rapport accablant de la Commission de vérité et réconciliation. Quatre ans plus tard, la grande réconciliation a-t-elle eu lieu ?

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Judith Lachapelle Judith Lachapelle
La Presse

« On en est tous responsables »

SEPT-ÎLES –« Que veut dire le terme “réconciliation” si personne n’en est responsable ? » Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, a posé la question sans détour, l’été dernier, après que le projet de construction d’une résidence pour étudiants autochtones dans sa ville est devenu une pomme de discorde.

Si le premier ministre sortant Justin Trudeau a promis une grande réconciliation à l’échelle nationale, sa mise en œuvre n’est pas toujours simple, aux yeux du maire. « C’est beaucoup de beaux mots. La réconciliation, en partant, c’est beau. Mais ça veut dire quoi ? On en est tous responsables », a expliqué Réjean Porlier en entrevue avec La Presse.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Réjean Porlier

Tout au bout de la rue Holliday, à Sept-Îles, dans le quartier de Sainte-Famille, à l’extérieur de la communauté innue d’Uashat mak Mani-Utenam, un vaste terrain est laissé vacant. L’endroit est boisé, un peu en retrait, mais il est surtout tout près du cégep de Sept-Îles, d’une école primaire et d’un pavillon universitaire.

C’est l’endroit sur lequel le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ) a jeté son dévolu pour un projet-pilote : l’aménagement d’un « milieu de vie » pour les étudiants autochtones, principalement issus des communautés de la Basse-Côte-Nord, qui veulent poursuivre leurs études ou même raccrocher.

Le projet, estimé à 11,3 millions, prévoit l’aménagement de 32 logements pour accueillir principalement des femmes autochtones dans la fin de la vingtaine avec leurs enfants et leurs conjoints, ce qui pourrait représenter quelque 200 résidants.

Mais le RCAAQ a vite déchanté. Une rencontre d’information – organisée à la demande de citoyens qui avaient eu vent du projet au stade de planification – a tourné au vinaigre en juin dernier. Si bien que le maire, qui était sur place, a choisi de publier le lendemain une longue déclaration sur sa page Facebook.

« J’ai vu [des] personnes dédiées à l’amélioration des conditions de vie des familles autochtones sortir complètement bouleversées de cette rencontre où on leur a livré ce message : vous avez un beau projet, mais trouvez-vous un autre endroit pour le faire », a écrit le maire Porlier, se disant « attristé » de la réaction de certains.

« Nous avons tous et chacun l’occasion de participer à cette réconciliation ou entretenir le préjugé », a-t-il ajouté.

Sa publication a été partagée des centaines de fois, et des centaines de résidants de Sept-Îles et de membres des communautés autochtones ont salué sa sortie. « Cette réaction me donne espoir », a-t-il confié à La Presse.

Des résidants de ce secteur résidentiel craignent notamment de voir la valeur de leurs maisons diminuer si la résidence voit le jour. Ils redoutent une hausse de la criminalité et une perte de tranquillité. Certains sont aussi inquiets de la pression que pourrait entraîner cette nouvelle clientèle sur les écoles primaires du coin.

La directrice du développement stratégique du RCAAQ, Claudie Paul, était de la rencontre de juin. « Ils ne voulaient pas de réponses », se désole-t-elle.

Ils ne veulent juste pas d’autochtones. […] Sincèrement, ç’a été une déception. On est ressortis de là, on avait mal au cœur. On se disait : qu’est-ce qu’on vient de vivre là ? C’est inacceptable.

Claudie Paul, directrice du développement stratégique du RCAAQ

Le projet de style « milieu de vie » ne ressemblera pas à des résidences étudiantes typiques. « Ce n’est pas comme un bloc-appartements », souligne-t-elle. Un service de garde d’une trentaine de places sera aménagé. Les résidants devront aussi s’engager à respecter « un code de vie » pour habiter sur place.

« Ce n’est pas une question de racisme »

Une lettre signée par 142 propriétaires et locataires des rues avoisinantes a été envoyée récemment au conseil de ville pour s’opposer au changement de zonage du terrain (actuellement zoné récréatif) qui est nécessaire au cheminement du projet.

Le document, obtenu par La Presse par l’entremise de la loi sur l’accès à l’information, indique qu’« en aucune condition », ils « n’accepteront que des résidences multi-logements […] puissent voir le jour directement à côté de terrains résidentiels de gens qui ont choisi un secteur pour sa tranquillité ».

« De bien meilleurs sites sont disponibles », où « le succès d’intégration d’un projet comme celui-là serait plus prometteur », concluent-ils. Le document n’est pas signé d’un instigateur, mais par « des citoyens de Sainte-Famille unis pour une ville meilleure ».

IMAGE BGLA, FOURNIE PAR LE RCAAQ

Maquette du projet

« Soulignons que le projet de résidences scolaires autochtones est louable et nous vous prions de ne pas vous servir du prétexte du racisme pour diviser encore davantage la population ou polariser le débat. Veuillez noter que nous ne parlons ici aucunement de la couleur de peau des habitants dans nos propos », écrivent les signataires.

Ils réclament par ailleurs que les élus municipaux « s’abstiennent de tous commentaires pouvant de nouveau causer préjudice aux citoyens de la ville de Sept-Îles et particulièrement du secteur Sainte-Famille comme il a été le cas en juin dernier suite au message public sur la page Facebook du maire ».

Au sujet de la rencontre de juin dernier, à laquelle ont pris part une quarantaine de citoyens, les signataires expriment dans la lettre leur « désarroi sur la tournure des événements » alors que le « bouche-à-oreille a emmené beaucoup de gens fort inquiets et incompréhensifs face à la situation ».

Un des signataires, joint par La Presse, déplore que les évènements aient pris un caractère racial. « C’est comme si, puisqu’on est contre, on est automatiquement raciste », a-t-il lancé. La Presse a accepté de lui accorder l’anonymat, puisque ce dernier affirme avoir été victime de représailles depuis le début de cette affaire. « On s’oppose à ce qu’un terrain récréatif accueille un projet multi-logements avec peut-être 160 personnes. Ce n’est pas une question de racisme », a-t-il ajouté.

Terrain recherché

« Nous, à la Ville, c’est clair qu’on va appuyer le projet », a indiqué le maire Porlier à La Presse. Il persiste à croire qu’il arrivera à persuader les citoyens qui s’y opposent « du sérieux » du projet et de son importance. Il dit comprendre certaines des préoccupations des citoyens, mais souhaite « qu’on se donne la chance » d’écouter.

Bien que le terrain de la rue Holliday soit le choix numéro un du RCAAQ, l’organisme explore aussi d’autres options pour aménager la résidence. « C’est certain que si on ne trouve pas de terrain, le projet, on va être obligés de l’exporter ailleurs », affirme Claudie Paul. Le Regroupement doit livrer les résidences de Sept-Îles en 2021.

Sept-Îles, avec Trois-Rivières, a été sélectionnée pour accueillir ce projet-pilote du ministère de l’Éducation, déployé à l’époque par le gouvernement Couillard pour favoriser le développement social et culturel des Premières Nations.

Le pari du ministère de l’Éducation est d’offrir des conditions adaptées aux réalités des autochtones pour favoriser le retour aux études. Selon le RCAAQ, environ 90 % du financement du projet est attaché. Québec, par l’entremise du ministère de l’Éducation, la Société du Plan Nord et le Secrétariat aux affaires autochtones, verse 1,9 million. AccèsLogis contribue à hauteur de 35 %.

Encore du travail à faire

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Evelyne St-Onge

Evelyne St-Onge, ex-pensionnaire, a œuvré toute sa vie à la défense de la culture autochtone, notamment auprès de la jeunesse. L’aînée de 74 ans a toujours milité pour faire découvrir ou redécouvrir les activités traditionnelles, les valeurs et la langue innues. Au chapitre de la réconciliation, il y a encore beaucoup à faire, estime-t-elle. « C’est difficile aujourd’hui. Je trouve que la relation parents-enfants a beaucoup changé avec l’arrivée des jeux vidéo, des réseaux sociaux. On se parle moins, les jeunes s’isolent un peu plus. C’est dommage », explique-t-elle. Parce que « c’est aussi à nous de faire nos pas, c’est à nous autres aussi », estime Mme St-Onge. Elle déplore que malgré les efforts de rapprochement, il existe encore « beaucoup de racisme » à Sept-Îles, citant la controverse autour de la résidence autochtone. « Je trouve que le plus gros changement [dans cette histoire], c’est que le maire s’est prononcé pour notre défense. Ça, ça fait du bien. On sent de plus en plus qu’on en fait partie », dit-elle.

L’éducation, la clé ? 

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Marie-Pier Michel

Marie-Pier Michel, 36 ans, a dû recommencer à quatre reprises son examen d’histoire de quatrième secondaire. « J’étais frustrée, cette histoire ne m’appartenait pas », résume-t-elle. Elle a la ferme conviction que le sort réservé aux peuples autochtones dans l’histoire du Québec et du Canada doit être appris, ce qui contribuerait à faciliter la réconciliation. « Les non-autochtones comprendraient d’où on revient », estime-t-elle. « Avant de juger quelqu’un, il faut que tu connaisses son histoire. On dit de nous que l’on consomme, qu’on a des problèmes de toxicomanie… Il y en a chez les non-autochtones aussi. Mais pourquoi chez nous, c’est tout le monde qui porte l’étiquette ? », s’interroge-t-elle. L’éducation est au centre de ses priorités. Mère de trois adolescents, elle a fait le choix difficile « de les sortir » de la communauté pour qu’ils mènent leurs études, après une vague de suicides chez de jeunes adultes en 2015. Mère seule, maintenant famille d’accueil pour enfants autochtones, elle est diplômée de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Elle n’a pas cessé d’étudier et poursuit un troisième certificat. « Je suis le seul modèle de mes enfants. […] Avec l’éducation, tu sauves le monde », ajoute-t-elle.

Longue liste, grandes attentes

Réinvestissements dans les services, réforme des institutions, réconciliation entre les peuples. Les intentions du gouvernement pour bâtir de nouvelles relations avec les Premières Nations étaient ambitieuses. Quatre ans plus tard, où en sont les promesses des libéraux ?

1. Éducation, santé, infrastructures, eau potable

La promesse : Réinvestir massivement dans les services aux communautés autochtones dès la première année du mandat, dont 2,6 milliards de dollars seulement en éducation

Le résultat : Quelque 21 milliards d’investissements de toutes sortes dans les services autochtones ont été annoncés durant les quatre années du mandat – dont plus de la moitié, tempère Thierry Rodon, de l’Université Laval, doit être versée dans les années qui viennent et est donc tributaire de la volonté du prochain gouvernement. Par exemple, lors de l’annonce du dernier budget, en mars, le gouvernement Trudeau se donnait six ans pour dépenser 1 milliard pour régler des dossiers de revendications territoriales, 1,2 milliard pour les soins de santé et les services sociaux pour les enfants autochtones, et 739 millions pour la qualité de l’eau potable dans les réserves.

La promesse : Faire lever les avis à long terme sur la qualité de l’eau potable touchant les systèmes publics dans les réserves d’ici mars 2021.

Le résultat : Si 87 avis à long terme sur la qualité de l’eau potable ont été levés depuis novembre 2015, il en reste toujours une bonne cinquantaine en vigueur (qui concernent tous des réserves situées hors Québec).

2. Relations avec les Premières Nations

La promesse : Appliquer les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation

Le résultat : Remis en juin 2015, juste avant les élections fédérales, le sommaire du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (qui s’est penchée sur le système des pensionnats indiens) lançait 94 « appels à l’action ». Dans une allocution livrée avec les larmes aux yeux, Justin Trudeau s’était engagé à respecter toutes les recommandations. Quatre ans plus tard, les réponses ont été données à certaines recommandations (comme le dévoilement, le 30 septembre, des noms de 2800 enfants morts dans les pensionnats fédéraux tenus par des communautés religieuses), d’autres sont en cours de négociation ou relèvent d’autres instances, comme les gouvernements provinciaux. « Faut dire que 150 ans de colonialisme, ça ne se change pas rapidement », rappelle Thierry Rodon, professeur à l’Université Laval et coauteur du segment des relations avec les autochtones du Bilan du gouvernement libéral de Justin Trudeau, publié en août.

La promesse : Mettre sur pied une commission d’enquête sur les disparitions de femmes et de filles autochtones

Le résultat : Lancée officiellement un an après les élections de 2015, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a sillonné le pays pendant plus de deux ans avant de remettre son rapport, en juin dernier. Plus de 200 recommandations, dont plusieurs concernant les relations entre autochtones et forces policières, ont été formulées. Justin Trudeau a promis l’élaboration d’un « plan d’action national » pour y répondre, plan qui est toujours en cours de rédaction. En juin, Marion Buller, commissaire en chef de l’Enquête, approuvait la démarche d’Ottawa même si elle prendra du temps. « Je ne pense pas que quelque chose comme un plan d’action national devrait être précipité, car il doit y avoir une participation adéquate des peuples autochtones, des organisations autochtones », a-t-elle indiqué.

3. Droits des autochtones

La promesse : Mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones

Le résultat : Les libéraux se sont finalement joints au projet de loi privé déposé par le député néo-démocrate Roméo Saganash lors de son adoption à la Chambre des communes l’an dernier. Le projet de loi, baptisé C-262, visait à ce que le gouvernement du Canada s’assure que les lois fédérales soient compatibles avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Il aurait aussi permis de respecter deux des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation. Bloqué au Sénat par les conservateurs en juin, le projet de loi est mort au feuilleton au déclenchement des élections. Justin Trudeau a promis de présenter de nouveau le projet de loi si les libéraux sont réélus en octobre.

La promesse : Adopter un Cadre de reconnaissance et de mise en valeur des droits des autochtones

Le résultat : En février 2018, le gouvernement promettait « un changement à la grandeur du gouvernement » pour soustraire les Premières Nations à l’application de la Loi sur les Indiens de 1876 et leur permettre de créer leurs propres structures de gouvernance. Le gouvernement souhaitait pouvoir déposer un projet de loi en Chambre à la fin de 2018 et l’adopter avant les élections. Mais de nombreuses communautés autochtones se sont élevées contre l’approche du gouvernement, pressé d’aboutir à une entente avant les élections. « Seules les Premières Nations peuvent déterminer la voie à suivre pour parvenir à la décolonisation et à la réconciliation », avait déclaré en novembre Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations. « Nous voulons tous aller au-delà de la Loi sur les Indiens, mais cela prendra du temps. »

La promesse : Repenser la relation entre Ottawa et les autochtones

Le résultat : Un autre pas vers l’élimination de la Loi sur les Indiens – qualifiée de « coloniale et paternaliste » – a été la scission des responsabilités assumées par le ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien. Annoncée en 2017, elle visait à séparer entre deux ministères distincts les responsabilités de la réconciliation et des services aux autochtones. La décision avait été reçue avec prudence par les chefs autochtones ; certains, dont Ghislain Picard, de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, soulignant qu’ils n’avaient pas été consultés avant l’annonce. Par ailleurs, deux lois ont été adoptées pour remettre plus de pouvoir entre les mains des autochtones, soit la Loi pour la revitalisation des langues des Premières Nations, des Inuits et des Métis, et celle visant à céder le contrôle de la protection de l’enfance aux communautés autochtones.

Ils ont dit

PHOTO STEPHEN MACGILLIVRAY, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations

Avant [le gouvernement Trudeau], combien de fois un premier ministre s’est présenté à l’assemblée de l’APN ? Un premier ministre en exercice ? La réponse est zéro. Ce premier ministre [Justin Trudeau] est venu trois fois.

Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, en conférence de presse en septembre

PHOTO FOURNIE PAR THIERRY RODON

Thierry Rodon, professeur au département de science politique de l’Université Laval

Pour un gouvernement qui prône la réconciliation, de se faire dire par le tribunal qu’il n’a pas consulté correctement les parties autochtones dans le cadre du projet Trans Mountain, c’est un échec assez important. Ça montre que la logique économique est toujours plus importante que la question de réconciliation. Le discours est généreux, mais quand il y a des intérêts plus importants, comme le vote en Alberta, les questions autochtones passent en arrière.

Thierry Rodon, professeur au département de science politique de l’Université Laval

Bilan en six temps du gouvernement Trudeau

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Retour sur six évènements qui ont marqué les quatre années de pouvoir du gouvernement Trudeau.

Octobre 2015

La différence dans 22 circonscriptions

Victoire de Justin Trudeau aux élections fédérales, avec un programme marqué par une volonté de réconciliation avec les Premières Nations. Selon les analystes, la mobilisation des autochtones a réussi à faire pencher la balance dans 22 circonscriptions en faveur des libéraux.

Mars 2016

8 milliards d’investissements

Le gouvernement Trudeau affirme vouloir « tourner la page et entamer un nouveau chapitre dans la relation entre le Canada et les peuples autochtones ». Plus de 8 milliards d’investissements sur cinq ans sont annoncés pour améliorer les conditions socioéconomiques des autochtones en éducation, en services à l’enfance et en formation, en gestion des déchets et de l’eau potable, ainsi qu’en projets d’infrastructure. L’Assemblée des Premières Nations qualifie le budget de « tournant dans la longue histoire du sous-financement chronique des services essentiels aux Premières Nations ».

Août 2018

Un oléoduc contesté

La Cour d’appel fédérale annule le décret qui permettait au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain d’aller de l’avant. Le gouvernement, indique la cour, n’a pas adéquatement consulté la population autochtone avant d’approuver le projet. En septembre dernier, le tribunal a autorisé 6 des 12 contestations judiciaires présentées par des groupes environnementaux et des communautés autochtones, pour qui les examens environnementaux et les consultations menés après l’annulation de 2018 n’étaient toujours pas adéquats.

Février 2019

Départ de Jody Wilson-Raybould

Démission de Jody Wilson-Raybould, première autochtone nommée ministre de la Justice dans l’histoire du Canada (elle est membre de la nation Kwakwaka’wakw, en Colombie-Britannique), dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin. En juin, un sondage CBC News indiquait que 46 % des sondés autochtones se disaient « très en colère » de son renvoi du caucus libéral.

Juin 2019

« Génocide planifié »

Dépôt du rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui critique très sévèrement le gouvernement fédéral : la violence que les femmes et les filles autochtones subissent est un « génocide planifié », concluent les commissaires. « Ceci est un jour inconfortable pour le Canada », déclare d’abord le premier ministre Trudeau, utilisant les mots « honteux » et « inacceptable » pour qualifier ces violences. Ce n’est que le lendemain qu’il utilisera les mêmes termes que les commissaires, en acceptant les conclusions, « y compris celle que ce qui s’est passé équivaut à un génocide ».

Juin 2019

Déclaration des Nations unies

Trois ans après son dépôt à la Chambre des communes, le projet de loi privé C-262, porté par le député néo-démocrate Roméo Saganash avec l’appui des libéraux, est irrémédiablement bloqué au Sénat par des sénateurs conservateurs et mourra au feuilleton. Le projet devait assurer que les lois fédérales soient compatibles avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Les libéraux ont promis de revenir à la charge s’ils sont réélus en octobre, mais ce sera sans Roméo Saganash, qui a choisi de ne pas se représenter.