À son arrivée à Gatineau où il doit participer au dernier débat des chefs de la campagne, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a offert ses excuses de vive voix au nom de ses cinq candidats qui ont tenu ou partagé des propos anti-islam dans un passé récent.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

« J’étais très mécontent, j’ai demandé des excuses de tous les candidats et aucun d’entre eux n’a hésité, a-t-il dit aux journalistes. Comme chef c’est mon devoir de m’excuser au nom du parti aux Québécois dans ce contexte-là. Je suis confiant que les chefs des autres partis vont accepter ces excuses. »

Le Journal de Montréal a rapporté ce matin que les candidats Caroline Desbiens (Beauport – Côte-de-Beaupré – Île d’Orléans – Charlevoix), Lizabel Nitoi (Marc-Aurèle-Fortin), Valérie Tremblay (Chicoutimi-Le Fjord) et Claude Forgues (Sherbrooke) ont tenu ou partagé des propos anti-islam sur les médias sociaux entre 2013 et 2019.

Mme Desbiens, par exemple, mentionnait en 2013 la nécessité de faire avancer la charte des valeurs du Parti québécois, de peur que les femmes du Québec soient toutes obligées de porter le voile islamique dans un futur proche. M. Forgues a partagé en avril dernier une vidéo accusant l’islam d’être une « maladie ». À cela s’ajoutait la candidate dans Saint-Maurice-Champlain, Nicole Morin, qui avait partagé en 2017 une vidéo du groupe identitaire La Meute.

Interrogé à savoir s’il n’aurait pas dû expulser ces candidats, M. Blanchet a dit estimer que « les Québécois seront juges » de cette situation. « La plus haute autorité revient aux électeurs et électrices du Québec », a-t-il précisé.

Tous les candidats dans l’embarras ont partagé le même message d’excuses plus tôt jeudi, à quelques mots près et à quelques minutes d’intervalle.

« Je tiens à réitérer mon appui total et complet aux valeurs et au programme au Bloc québécois qui d’aucune façon ne prône des mesures allant à l’encontre de quelques communautés que ce soit, culturelle ou religieuse », ont-ils écrit.

« Si mon geste a pu offenser, je m’en excuse sincèrement, telle n’était pas mon intention. Ceci illustre la nécessité de réfléchir sur notre façon d’exercer notre liberté d’expression dans ce nouveau mode de communication et sur la responsabilité que nous avons tous à cet égard compte tenu de la très grande facilité à partager sur les réseaux sociaux », répètent-ils en chœur.

M. Blanchet a expliqué que c’est à sa demande que ces excuses identiques ont été fournies. « J’ai exigé que le libellé soit clair et conforme, que ça se passe comme ça. Je n’aurais pas laissé les gens formuler quelque chose d’une manière inadéquate », a-t-il déclaré.

- Avec Catherine Lévesque, La Presse canadienne