(Markham) Au lendemain du seul débat des chefs en anglais où il aura pu affronter Justin Trudeau, Andrew Scheer s’est plaint du format de l’exercice.

La Presse canadienne

« J’étais déçu que je n’aie pas eu beaucoup d’opportunités pour les échanges directs avec Justin Trudeau. […] Mais ça, c’est le format », a regretté M. Scheer, mardi.

Le chef conservateur sera confronté à un format très semblable jeudi lorsque l’exercice recommencera en français. Ce sera alors le second débat pour les francophones qui ont eu droit mercredi dernier au face à face du réseau TVA. Le débat de jeudi est organisé par la même commission qui était à la barre de celui de lundi.

M. Scheer critique cette commission, mise sur pied par le gouvernement Trudeau, depuis sa création. Son parti a souvent laissé entendre qu’elle favorisait les libéraux.

Insultes et frustration

Lundi soir, le chef conservateur a entamé le débat en insultant le premier ministre sortant, l’affublant de deux épithètes — « phony » et « fake » — qui ont mené à différentes traductions : faux jeton, faux, poseur ou hypocrite. M. Scheer dit qu’il l’a fait pour exprimer sa frustration.

« Comme les millions de Canadiens, je suis tanné des mensonges de Justin Trudeau. Et c’était la première fois que j’ai eu l’opportunité d’avoir un débat face à face en anglais alors j’ai exprimé les frustrations des millions de Canadiens qui sont tannés des mensonges de Justin Trudeau », a justifié M. Scheer, mardi.

Au Nunavut, son adversaire libéral a plutôt dit y voir une obsession conservatrice.

« M. Scheer pense que cette élection, c’est à propos de moi », a raillé Justin Trudeau qui ressuscitait ainsi ses attaques de 2015. Il y a quatre ans, M. Trudeau accusait Stephen Harper de se concentrer sur sa personne pendant que lui se concentrait sur les Canadiens.

Promesse pour la région de Toronto

M. Scheer était en campagne à Markham, mardi matin, promettant une extension du métro dans cette région torontoise. Il en a profité pour rappeler sa promesse de construire le « troisième lien » réclamé entre Lévis et Québec.

« Nous allons travailler avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour réaliser ces projets au bon prix et à temps et nous allons continuer à financer tous les projets promis par le gouvernement précédent », a-t-il assuré.

Il a également profité de l’occasion pour reprocher à nouveau aux libéraux leur « taxe sur le carbone ».

Rappelant que la caravane libérale utilise deux avions pendant cette campagne électorale, il a repris une nouvelle attaque testée lundi soir au cours du débat, mais quelque peu perdue dans la cacophonie qui a marqué les échanges.

« Son excuse qu’il paie des crédits carbone démontre comment les millionnaires comme Trudeau […] pourront toujours avoir les moyens de préserver leur style de vie, quel qu’en soit le prix. Mais les mères et les pères canadiens qui travaillent fort ne peuvent plus payer les taxes et les impôts qui continuent à grimper », a lancé M. Scheer, promettant une fois de plus d’« annuler la taxe sur le carbone ».

Combattre le protectionnisme

Certains signes inquiétants semblent se pointer à l’horizon pour l’économie mondiale et du même coup, celle du Canada. Selon Andrew Scheer, le blâme appartient aux politiques protectionnistes qui se répandent un peu partout dans le monde et il inclut dans le lot le président américain Donald Trump.

« Chaque fois que l’on voit un mouvement de protectionnisme se répandre dans le monde, comme on l’a vu aux États-Unis et ailleurs, cela a toujours des conséquences négatives sur la croissance économique », a déclaré M. Scheer.

Le chef conservateur a insisté sur le fait qu’un gouvernement de son parti aiderait le Canada à mieux s’en tirer en réduisant les impôts, en attirant plus d’investisseurs et en équilibrant le budget fédéral.

Selon lui, les dernières années de déficits du gouvernement libéral de Justin Trudeau ont mis le pays dans une situation financière difficile pour faire face à une éventuelle récession en le privant de sa marge de manœuvre.

L’économie mondiale a ralenti récemment, en grande partie en raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.