Le Parti libéral du Canada promet de rendre permanent le financement du transport en commun au pays, ce qui pourrait rendre possible la « ligne rose » du métro de Montréal, chère à la mairesse Valérie Plante.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Les candidats libéraux de l’île de Montréal, dont la ministre sortante Mélanie Joly et l’environnementaliste Steven Guilbeault, en ont fait l’annonce mardi matin à la station de métro Beaubien, où transitent chaque jour 10 000 personnes, a souligné la candidate la circonscription de Rosemont – La-Petite-Patrie Geneviève Hinse.

« L’engorgement de la ligne orange, les gens du quartier en connaissent quelque chose », a-t-elle dit, insistant sur la nécessité d’offrir aux citoyens davantage d’options en transports collectifs. « Aujourd’hui, on répond présents pour la ligne rose. »

Ce financement pourrait aussi permettre le prolongement de la branche ouest de la ligne orange du métro de Montréal, ont expliqué les candidats, de même que des infrastructures en dehors de la métropole, comme le prolongement du réseau express métropolitain à Laval et en Montérégie ; un tramway et un « transport structurant » dans le prolongement de la ligne jaune du métro à Longueuil ; l’implantation d’un réseau de voies réservées sur les autoroutes 13, 20, 25, 440 et 640 et la route 116 ; ou encore un système de train léger à Gatineau.

Financement stable et prévisible

Déplorant que « longtemps, les municipalités ont été abandonnées par le gouvernement fédéral », Steven Guilbeault a affirmé que les Libéraux avaient changé la donne en confirmant des investissements pour le transport en commun de quelque 30 milliards de dollars pour les 10 prochaines années.

En rendant les investissements récurrents et permanents, les municipalités seraient ainsi assurées d’un financement stable et prévisible, à l’image de ce qui a été fait pour le financement de Radio-Canada, a illustré Mélanie Joly.

L’enveloppe, évaluée à trois milliards de dollars annuellement, suivrait la hausse des coûts de construction au fil du temps et s’ajouterait aux transferts provenant du Fonds de la taxe sur l’essence fédéral, affirme le Parti libéral.

Ironiquement, les libéraux procédaient à cette annonce alors que les bouchons de circulation commençaient à s’estomper après une heure de pointe marquée par la fermeture pendant plus d’une heure du pont Jacques-Cartier en raison de la présence dans sa structure de militants du groupe d’action pour le climat Extinction Rebellion Québec.

Bon nombre des gens coincés dans la circulation « auraient bien aimé accès à des solutions concrètes de transport en commun », a dit Mélanie Joly.

Surenchère sur le transport collectif

L’annonce libérale intervient deux semaines après une annonce similaire du Nouveau parti démocratique (NPD), qui s’était engagé à participer au financement de la ligne rose.

Cette promesse s’inscrivait dans l’annonce, plus large, qu’un gouvernement néodémocrate consacrerait au cours d’un premier mandat 6,5 milliards de dollars supplémentaires au transport collectif à travers le pays, y compris en région.

Ces sommes viendraient donc s’ajouter aux investissements déjà annoncés par Ottawa.

L’annonce libérale de mardi, comme la néodémocrate il y a deux semaines, a fait plaisir à l’administration Plante.

« Nous accueillons avec enthousiasme toute mesure qui nous permettra de développer des projets de transport collectif dont celui, bien sûr, de la ligne rose », a déclaré à La Presse Geneviève Jutras, la porte-parole de la mairesse Plante, qualifiant le transport collectif de clé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la métropole.