(Toronto) Le chef libéral Justin Trudeau affirme que la façon d’aborder le contrôle des armes à feu représente une distinction claire entre son parti et les conservateurs.

La Presse canadienne

«Il y a des politiciens conservateurs qui veulent affaiblir le contrôle des armes à feu, que ce soit Doug Ford ou Andrew Scheer ou d’autres», a-t-il noté lundi en cette 20e journée de campagne, qu’il passait à Toronto.

«Nous savons que c’est le choix auquel les Canadiens font face. Est-ce qu’on va resserrer le contrôle des armes à feu avec un gouvernement libéral ou est-ce qu’on va affaiblir le contrôle des armes à feu avec un gouvernement conservateur?»

Justin Trudeau a entamé sa première apparition de cette journée de mi-campagne en donnant la parole à un panel de médecins torontois. L’un après l’autre, ils ont décrit la gravité du problème des armes à feu dans leur ville.

Plusieurs d’entre eux appuient la mise en place de lois sur le contrôle des armes, affirmant que restreindre l’accès aux armes à feu pourra aider à faire diminuer le nombre de patients ensanglantés qu’ils accueillent dans les centres de traumatologie.

Cet enjeu résonne particulièrement à Toronto où, selon les données de la police, 340 incidents liés aux armes à feu sont survenus cette année seulement, dont 28 ont été mortels.

Parmi les panélistes se trouvait la docteure Najma Ahmed, une traumatologue ayant aidé à soigner les victimes de la fusillade de l’été dernier dans le quartier Danforth à Toronto. L’incident avait fait deux morts et 13 blessés.

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Elle a expliqué que d’importantes transfusions de sang sont nécessaires dans les 24 premières heures de traitement d’une victime de fusillade, suivies de multiples opérations. Elle a parlé des répercussions à long terme pour les victimes de fusillade et ceux qui les entourent.

«Ils passent des semaines et des semaines aux soins intensifs, leur vie ne tenant qu’à un fil, leur famille à leurs côtés. Nous, les médecins, passons à côté d’eux et tentons de leur donner de l’espoir», a-t-elle témoigné.

«Les médecins, les infirmières et autres professionnels de la santé qui traitent ces patients estiment qu’il est de notre responsabilité de vous raconter notre expérience pour que vous puissiez prendre de meilleures décisions pour tous les Canadiens.»

Interdire les fusils d’assaut

Ces discussions ont permis à M. Trudeau de répéter ses promesses sur cet enjeu. Elles lui ont surtout donné l’occasion de dire à plusieurs reprises que le choix du 21 octobre était entre les libéraux qui veulent resserrer le contrôle sur les armes à feu et les conservateurs qui veulent l’affaiblir.

Les libéraux promettent d’interdire les fusils d’assaut et de récupérer les armes de ce type en circulation légale au pays grâce à un programme de rachat.

Le PLC a souligné l’importance de collaborer avec les provinces et les territoires pour permettre aux municipalités de restreindre davantage ou d’interdire les armes de poing, tout en critiquant le premier ministre ontarien Doug Ford, qui s’est dit opposé à interdire la vente de telles armes.

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Doug Ford

M. Trudeau a admis qu’il n’avait pas parlé avec M. Ford depuis le déclenchement des élections, le 11 septembre.

Certains militants pour le contrôle des armes à feu estiment par ailleurs qu’une interdiction des fusils d’assaut ne va pas assez loin, et que de laisser les villes décider si elles banniront les armes pourrait se traduire par un système à la pièce qui n’arrêtera pas les bains de sang.

La docteure Suzanne Shoush, une médecin de famille de l’hôpital St. Michael’s qui a pris part à la discussion lundi, a déclaré qu’interdire les armes de poing — même si M. Trudeau se rendait jusque-là — ne serait pas suffisant.

«Je crois qu’il s’agit d’une crise de santé publique, a dit la docteure Shoush. Il est crucial que le financement atteigne les communautés de manière significative.»

La plateforme libérale, dévoilée dimanche, promet 200 millions en nouveau financement sur quatre ans pour aider les municipalités à soutenir les communautés à risque.