(Ottawa) Deux jours après avoir servi au Québec toute une série de promesses spécifiques à la province, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) dit non à deux projets du gouvernement Legault.

Lina Dib
La Presse canadienne

De passage à Ottawa tôt mardi matin, Jagmeet Singh s’est prononcé clairement contre le test des valeurs que le gouvernement caquiste envisage de faire passer aux immigrants.

« J’ai dit c’est quoi mes valeurs. Mes valeurs, c’est de mieux aider la francisation. Je ne suis pas d’accord avec le test des valeurs », a tranché M. Singh.

Il a également confirmé qu’un gouvernement néo-démocrate ne confierait pas à Québec la gestion d’une déclaration des revenus unique. Le NPD avait d’abord dit oui à cette demande du Québec avant de se raviser, question de sauvegarder 4000 emplois de fonctionnaires fédéraux.

Mardi, M. Singh a resservi l’argument de ces emplois.

« C’était nous qui avions en fait proposé cette idée », a-t-il rappelé. « Mais quand […] on a évalué la façon de le faire, ça menaçait beaucoup des emplois, en particulier les emplois dans les régions où ces emplois sont vitaux, donc tellement importants », a-t-il dit quelques heures avant que le premier ministre François Legault ne dresse sa liste de demandes aux chefs fédéraux en campagne.

En fin de journée, l’équipe de campagne néo-démocrate a tenté d’adoucir les deux refus de Jagmeet Singh. Dans une déclaration transmise par courriel, on pouvait lire que M. Singh était prêt à s’engager « à poursuivre le dialogue avec le gouvernement du Québec » au sujet de la déclaration de revenus unique, tout en faisant de la protection des emplois des fonctionnaires « une priorité ».

« Concernant la demande des pouvoirs d’imposer un test des valeurs, je suis en désaccord avec le principe, mais je regarderai attentivement la proposition concrète avec M. Legault et je resterai ouvert aux discussions », a ajouté Jagmeet Singh.

Face à ces refus, le premier ministre Legault a simplement répliqué qu’il n’allait pas « commencer à analyser les réponses de chacun des chefs des partis fédéraux ».

En fin d’avant-midi à Québec, M. Legault a exposé ses « quatre priorités concrètes » dans la campagne fédérale. On retrouve dans celles-ci « un rapport d’impôt unique géré par le Québec » et le « test de connaissance des valeurs québécoises ».

Dimanche à Sherbrooke, le chef néo-démocrate a promis d’augmenter les transferts fédéraux en matière d’immigration au gouvernement du Québec, même si ce dernier a baissé les seuils d’immigration.

Un gouvernement néo-démocrate ferait passer ces transferts de 490 à 563 millions par an. L’argent supplémentaire servirait à élargir les programmes de langue française et d’intégration pour les nouveaux arrivants.

Dimanche, le NPD a également promis de soumettre à la loi 101 toutes les entreprises sous juridiction fédérale, comme les banques, situées en territoire québécois, une des quatre demandes faites par M. Legault mardi. Il a également offert un droit de veto au Québec pour tout projet d’infrastructure passant sur son territoire.

Promesse de logements abordables

M. Singh était à Ottawa mardi pour promettre la construction de 500 000 logements abordables au pays, en 10 ans. Lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réclamé 12 000 logements pour sa ville aux chefs fédéraux. M. Singh ne s’est pas engagé sur un chiffre précis pour Montréal, mais a promis de répondre aux besoins des centres urbains.

Il a aussi profité de l’occasion pour mettre en doute les efforts libéraux en matière de construction de logements abordables.

« M. Trudeau […] dit oui, il y a une crise de logements. […] Il a annoncé une grande stratégie, mais le résultat c’est quoi ? […] Le Directeur parlementaire du budget a dit que le gouvernement libéral de M. Trudeau a dépensé 19 % moins en pourcentage de PIB que le gouvernement de M. Harper », a-t-il noté.