(Ottawa) Une nouvelle étude de l’Université de Calgary prédit que la Russie va tenter d’interférer dans la campagne électorale canadienne pour servir ses intérêts dans l’Arctique.

Mike Blanchfield
La Presse canadienne

L’auteur du document, Sergey Sukhankin, a mentionné en entrevue que le potentiel d’influence de Moscou demeure relativement modéré parce que la société canadienne n’est pas aussi divisée que les autres régions visées par le passé, dont les États-Unis, lors de la présidentielle de 2016, et le Royaume-Uni, lors du référendum sur le Brexit.

« Le Kremlin démontre une volonté grandissante de dominer l’Arctique, où la Russie est en compétition avec le Canada. Cela veut dire que le Canada doit s’attendre à une hausse des attaques informatiques, particulièrement de la part de pirates militants », écrit M. Sukhankin, membre de la Jamestown Foundation, un groupe de réflexion américain, et professeur à l’Université de Calgary.

Perçu comme l’un des principaux rivaux de la Russie dans l’Arctique, le Canada doit se préparer à la possibilité d’une tentative d’ingérence dans les élections fédérales d’octobre.

« Ottawa devrait être prêt à voir une hausse des cyberattaques, de la désinformation et de la propagande contre le Canada dans un avenir rapproché », prévient le chercheur.

Sergey Sukhankin précise toutefois que le travail de désinformation de Moscou s’adresse d’abord au public russe et ne cherche pas nécessairement à influencer le vote des Canadiens.

Ces opérations s’inscrivent dans un plan plus large du Kremlin pour montrer « le côté laid de la démocratie et du libéralisme » au public russe, dit-il.

Les arguments avancés par l’expert font écho aux avertissements formulés par le gouvernement libéral et les agences canadiennes de renseignement.

Le gouvernement de Justin Trudeau a justement créé le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements visant les élections. Il s’agit d’un comité, formé de cinq hauts fonctionnaires, responsable de surveiller toute tentative d’ingérence étrangère dans la campagne électorale.

Le groupe pourra informer directement les membres de tout parti politique concernant des menaces potentielles et il détient l’autorité nécessaire pour alerter directement la population durant la campagne en cas d’ingérence étrangère.

Les campagnes de désinformation menées par la Russie touchent d’autres enjeux, selon le rapport. Moscou cherche notamment à ridiculiser la présence militaire canadienne en Lettonie dans le cadre d’une mission de l’OTAN.

La Russie tente de décrire la Lettonie comme un potentiel « État-satellite » pour les États-Unis et un banc d’essai pour l’implantation de « valeurs occidentales immorales » comme le mariage homosexuel et la légalisation du cannabis.