Une candidate du Parti vert du Canada dans l’ouest de Montréal a plaidé coupable à une accusation de voies de fait en 2012.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Lisa Mintz, qui brigue les suffrages dans la circonscription de Pierrefonds–Dollard, était également visée par une accusation d’agression armée, mais ce chef avait fait l’objet d’un arrêt conditionnel du processus judiciaire.

Jointe plus tôt cette semaine, Mme Mintz n’a pas hésité à revisiter cet épisode sombre de son passé.

« J’étais une alcoolique », a-t-elle dit sans détour.

C’est une altercation avec son copain de l’époque qui est à la source des accusations.

Il m’est arrivé beaucoup de choses avant la sobriété : [cet événement] en fait partie.

Lisa Mintz, candidate du Parti vert dans la circonscription de Pierrefonds–Dollard

Le juge lui a donné le choix entre la prison ou une cure de désintoxication. Elle n’a pas hésité. Voilà maintenant huit ans qu’elle est membre des Alcooliques anonymes (AA) et qu’elle « n’a pas pris un verre ».

A posteriori, elle décrit ce revirement de situation comme « l’une des meilleures choses qui soient arrivées dans [sa] vie ».

« Je suis surprise de ne pas m’en être fait parler avant ! », s’esclaffe-t-elle.

Lisa Mintz travaille aujourd’hui en développement communautaire pour un organisme sans but lucratif. Elle s’est par ailleurs fait entendre en marge de quelques dossiers de taille à Montréal, notamment l’installation du Réseau express métropolitain et le parc-nature dans l’ancienne gare de triage Turcot.

C’est la première fois qu’elle présente sa candidature aux élections fédérales. Au scrutin municipal de 2017, elle avait brigué l’investiture de Projet Montréal pour le poste de conseillère du district Loyola, dans Notre-Dame-de-Grâce, mais avait perdu par deux votes.

Autres cas

Un autre candidat vert, André Voyer, traîne lui aussi une vieille tache à son dossier.

En 1991, l’homme a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation d’intimidation pour avoir « cerné ou surveillé le lieu où une personne réside, travaille ou exerce son activité professionnelle ». La plaignante était sa copine de l’époque. Il a alors écopé de quatre amendes de 50 $ qu’il a acquittées.

« C’était une période plus difficile de ma vie, convient-il. Je n’ai jamais revu cette personne par la suite. »

M. Voyer, qui se présente dans Bellechasse–Les Etchemins–Lévis, insiste pour dire qu’il n’a pas de dossier criminel. N’empêche, comme son verdict de culpabilité figure toujours au plumitif, cette histoire revient ponctuellement dans sa vie.

« J’ai été impliqué dans le hockey mineur avec mes deux garçons, qui ont aujourd’hui 25 et 27 ans, et plusieurs fois j’ai dû m’expliquer », raconte-t-il.

Sans vouloir minimiser cette affaire « qui devait être très désagréable » pour la plaignante, M. Voyer affirme vouloir passer à autre chose et « discuter des enjeux importants pendant la campagne ».

M. Voyer travaille dans les domaines des communications, de la sécurité financière, de la gestion des ménages et de la distribution, peut-on lire sur le site du Parti vert. Il avait en outre brigué la mairie de Lévis en 2017.

Dans son cas comme dans celui de Lisa Mintz, le parti avait été mis au courant pendant le processus de filtrage des candidats.

Un troisième candidat vert, James Morrison dans Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia, a pour sa part été arrêté pour importation de cocaïne en 2002. Il n’a toutefois jamais eu de procès, un arrêt du processus judiciaire ayant été imposé en raison de délais déraisonnables. Le Parti vert avait toutefois accepté sa candidature en 2008 dans Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques.

— Avec la collaboration de William Leclerc et de Serge Laplante, La Presse