(Toronto) Au lendemain du débat en anglais où la loi québécoise sur la laïcité de l’État a été abondamment discutée, Jagmeet Singh s’est encore une fois fait demander, mardi, si un gouvernement néo-démocrate allait, oui ou non, intervenir si le dossier devait se rendre éventuellement jusqu’en Cour suprême.

La Presse canadienne

Et, encore une fois, M. Singh a contourné la question sans donner une réponse claire, se contentant de dire qu’il n’allait pas intervenir dans la contestation actuellement devant la Cour supérieure du Québec.

M. Singh, qui est de confession sikhe, n’a jamais caché qu’il s’oppose personnellement à la loi québécoise interdisant le port de signes religieux par des personnes en position d’autorité, une loi qu’il juge discriminatoire et qui cause des divisions. Il a raconté avoir entendu des histoires de jeunes femmes, portant le hijab ou le turban, qui souhaitent enseigner, mais qui ne peuvent plus à cause de la loi.

« Ça me rend triste […] Ça fait mal au vivre-ensemble, ça fait mal à la société », a-t-il estimé.

Il a indiqué qu’il avait pour objectif d’expliquer aux Québécois que le fait qu’il porte un turban et une barbe ne l’empêchait pas de partager leurs valeurs, d’être pour le droit à l’avortement, pour les droits des femmes et de la communauté LGBTQ et pour le droit de mourir dans la dignité. « Ce que je veux faire, c’est gagner le cœur des gens », a-t-il répété mardi.

M. Singh a ajouté qu’à l’opposé, son rival conservateur Andrew Scheer ne porte pas de signes religieux, mais ne partage pas, selon lui, les valeurs des Québécois. « Peut-être que le vrai problème, c’est les valeurs, pas les signes », a-t-il avancé.

Le vote des jeunes

De passage mardi dans Toronto-Danforth, une circonscription qui risque d’être chaudement disputée, M. Singh a présenté son « nouvel accord » pour les jeunes, qui avaient été séduits en 2015 par les « voies ensoleillées » du chef libéral Justin Trudeau. Or, M. Singh a soutenu mardi qu’au cours des quatre dernières années, M. Trudeau avait laissé tomber ces jeunes.

En 2015, les libéraux avaient battu de peu les néo-démocrates pour s’emparer de Toronto-Danforth, laissant les autres partis loin derrière. L’élection de cette année s’annonce encore serrée entre la députée libérale sortante, Julie Dabrusin, et la candidate néo-démocrate Min Sook Lee. Toronto-Danforth passe des libéraux aux néo-démocrates — notamment Jack Layton — depuis des années.

Pour convaincre les jeunes de l’appuyer le 21 octobre, Jagmeet Singh a notamment annoncé mardi qu’une fois élu, il éliminerait immédiatement tout intérêt sur les dettes étudiantes redevables au fédéral. Il a ajouté que son gouvernement commencerait aussi à remplacer les prêts étudiants par des bourses, pour atteindre éventuellement la gratuité des études postsecondaires.

Le Bureau du directeur parlementaire du budget estime que l’élimination de l’intérêt sur tous les prêts étudiants actuels et futurs coûterait environ 200 millions la première année, pour ensuite grimper à plus de 500 millions annuellement.

M. Singh a ensuite répété ses engagements à imposer un plafond pour les frais de téléphonie cellulaire et à créer des logements abordables. Il a aussi promis l’octroi d’une subvention de 5000 $ par année aux locataires « qui auraient besoin d’un peu d’aide supplémentaire » afin de garder un toit au-dessus de leur tête. M. Singh a soutenu que toutes les mesures proposées par le NPD, y compris l’assurance-médicaments et l’aide aux soins dentaires, permettraient aux jeunes Canadiens d’économiser jusqu’à 1200 $ par année.