Après avoir répété qu’ils ne taxeraient pas Netflix, les libéraux ont fait volte-face la semaine dernière. Le ministre des Finances sortant Bill Morneau explique cette décision dans une entrevue accordée hier à La Presse.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Après deux ans à refuser de taxer des entreprises comme Netflix, le Parti libéral a finalement abdiqué le 29 septembre dernier en ajoutant cette promesse à son site web. L’une des raisons de ce changement : le contexte international a évolué.

« Si on veut avoir un système de taxation qui fonctionne, il est nécessaire d’avoir une entente avec les autres pays, indique Bill Morneau. Sinon, il y a toujours une possibilité pour les compagnies de trouver un autre endroit dans le monde. »

Le premier système de taxation des géants du web comme Google, Apple, Facebook et Amazon (désignés par l’acronyme GAFA), adopté en France, a donné des idées pour l’élaboration de la taxe canadienne, selon M. Morneau.

Les GAFA seront aussi visés par la taxe libérale chiffrée à 3 %. Cette nouvelle mesure fiscale pourrait arriver rapidement. « On va avoir une solution avec l’OCDE, probablement pendant la prochaine année », indique M. Morneau.

Déficit et croissance économique

De passage à Terrebonne pour la visite d’une usine, le ministre des Finances a aussi répondu à des questions concernant la vitalité économique du pays.

Interrogé sur le déficit économique du Canada (19,4 milliards anticipés pour 2019-2020), le ministre a répondu que le Canada était dans « une bonne situation ». Le poids de la dette, en proportion de la taille de l’économie, est le plus bas des pays du G7, indique-t-il. De plus, ce poids est en train de diminuer.

Bill Morneau n’a pas donné de date butoir pour le retour à l’équilibre budgétaire. « La question pour moi est : est-ce qu’on peut continuer à diminuer le niveau de dette ? Ça, c’est vraiment le but. »

M. Morneau compte concentrer ses efforts sur des secteurs économiques en croissance. « On va continuer les investissements dans les secteurs importants […] où il y a des possibilités de croissance comme le secteur digital ou l’agriculture. »

En 2015, les libéraux s’étaient engagés à éliminer « graduellement les subventions accordées à la production de combustibles fossiles ». En cette fin de mandat, ce but n’est toujours pas atteint. « Nous sommes sur la bonne voie, affirme le ministre Morneau. Le défi sera de créer des opportunités pour le milieu des affaires, les investisseurs potentiels ainsi que pour le secteur des technologies vertes pour se défaire des énergies fossiles. »