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Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond La Presse

Q : Avez-vous évalué l’effet de l’inflation sur les revenus de retraite qui ne sont pas indexés ou le sont d’un maximum de 3 %, seulement un an plus tard ?

Hughes Roy

R : N’ajustez pas votre appareil. Comme dans le film Chéri, j’ai réduit les enfants, bien des retraités vont voir leur rente diminuer à cause de l’inflation qui vient de se réveiller. En effet, l’indice des prix à la consommation a grimpé de 4,4 % au Canada et même de 5,1 % au Québec en septembre. Du jamais vu en 30 ans.

Si sa rente n’est pas indexée du tout, un travailleur qui a pris sa retraite à 60 ans aura perdu le quart de son pouvoir d’achat rendu à 75 ans et la moitié rendu à 95 ans, dans la mesure où l’inflation se situe à 2 % en moyenne, soit la cible de la Banque du Canada.

À la longue, ça fait donc une énorme différence, même si l’inflation est modérée.

Dans le secteur privé, certains travailleurs ont la chance d’avoir une rente qui est pleinement indexée, ce qui les protège contre l’inflation. Mais bien d’autres n’ont droit qu’à un ajustement partiel ou à… aucune indexation du tout.

Chez les nombreux fonctionnaires couverts par le RRGOP, par exemple, différentes formules se superposent.

Pour les années accumulées avant 1982, la rente est indexée au complet. On a ensuite changé la formule qui coûtait très cher, car l’inflation dépassait 10 % à cette époque.

Pour les années suivantes, les retraités ont droit à l’inflation moins 3 %. Sauf qu’à partir du début des années 1990, comme l’inflation ne dépassait jamais 3 %, l’indexation était nulle.

À partir de 2000, la formule a donc encore changé. Pour les années accumulées par la suite, le régime offre la moitié du taux d’inflation (ou l’inflation moins 3 % si cette méthode est plus avantageuse).

Au final, les retraités ne sont donc pas entièrement protégés contre l’augmentation du coût de la vie.

Par contre, le Régime des rentes du Québec (RRQ) offre une rente qui est pleinement indexée, un atout qui a une grande valeur. Les rentes augmentent en janvier, en fonction de l’inflation de l’année précédente, mesurée à la fin d’octobre.

Vous avez donc raison de dire, M. Roy, qu’il y a un décalage entre la hausse des prix et celle des rentes. De plus, il faut souligner que le RRQ utilise le taux d’inflation du Canada et non celui du Québec, ce qui sera probablement moins payant cette année. Mais l’inverse pourrait aussi être vrai.

Pour atténuer les effets du risque d’inflation, les futurs retraités peuvent songer à reporter leur rente, suggère Retraite Québec. Chaque mois de report permet de bonifier la rente pour le restant de la vie.

Notez aussi que, dans son minibudget prévu le 25 novembre, le ministre des Finances Eric Girard devrait donner un coup de pouce aux Québécois qui sont frappés par la hausse du coût de la vie.

Alors, restez à l’écoute.