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Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond La Presse

Q : Tout le monde écrit sur le manque de main-d’œuvre. Pourquoi ne pas permettre aux retraités de retourner sur le marché du travail ? Pourquoi ne pas nous permettre de gagner une certaine somme sans que l’impôt nous saute dessus ? J’aimerais pouvoir participer à combler ce manque de personnel et ainsi me sentir utile, sans être pénalisé. Qu’en pensez-vous ?

Guy M.

R : C’est vrai. Le fisc décourage certains aînés de continuer à travailler, ce qui est fort dommage puisque le report de la retraite est un excellent moyen de contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Au Québec, la moitié (49 %) des personnes de 60 à 64 ans sont au boulot, sept points de moins qu’en Ontario. Parmi les 65 à 69 ans, moins du quart (22 %) des Québécois travaillent, six points de moins qu’en Ontario. En rattrapant nos voisins, on pourrait compter sur 72 000 travailleurs supplémentaires, estime la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

Ça ferait toute une différence.

Or, certains retraités qui veulent travailler se retrouvent avec un taux d’imposition effectif marginal allant jusqu’à 75 %.

Ces taux déraisonnables touchent essentiellement les retraités à faible revenu dont le Supplément de revenu garanti (SRG) diminue de 50 cents pour chaque dollar de plus gagné.

Mais il faut dire que les libéraux ont récemment rehaussé de 3500 $ à 5000 $ par année la somme que les aînés peuvent gagner sans impact sur leur SRG. Le Bloc québécois promet d’ailleurs de repousser ce seuil à 6000 $. Pourquoi pas ?

Ajoutons que les libéraux ont aussi adouci les règles pour faire en sorte que le SRG fonde moins vite sur la tranche de revenus allant de 5000 $ à 10 000 $.

Les libéraux et le Bloc veulent faire un pas de plus en imitant Québec, dont le crédit d’impôt pour le prolongement de la carrière permet d’éliminer l’impôt sur une partie du revenu gagné. Cette mesure permet d’économiser jusqu’à 1650 $ d’impôt par an. La cloner au fédéral doublerait les économies.

Une bonne idée puisque la mesure québécoise qui a fait ses preuves a effectivement permis de créer ou de maintenir 27 000 emplois.