Sonia Sarfati LA PRESSE

Gwyneth Paltrow s'était faite rare au grand écran, ces dernières années. Rencontrée à l'occasion de la sortie d'Iron Man de Jon Favreau où, aux côtés de Robert Downey Jr., elle incarne une Pepper Potts aussi radieuse que pleine d'aplomb, elle explique pourquoi.

«Après avoir eu les enfants, je ne savais pas si je reviendrais un jour au cinéma», laisse tomber Gwyneth Paltrow. Oh, que j'entends les Michel, Robert et autres François s'étouffer de désespoir! Qu'ils se rassurent: la comédienne a changé d'idée et elle brille de mille feux (roux) dans Iron Man de Jon Favreau.

Rencontrée à New York la semaine dernière, la comédienne avait retrouvée sa blondeur, temporairement mise de côté pour épouser le personnage de Virginia «Pepper» Potts, l'assistante de Tony Stark alias Iron Man (Robert Downey Jr.). «Pepper est toujours prête à argumenter mais elle est toujours là pour éteindre le feux que Tony allume.» Elle les éteints tous... sauf celui qu'il provoque en elle, puisque la tension sexuelle que l'on imagine existe entre les deux personnages.

En fait, elle doit beaucoup à l'homme de fer... et au réalisateur Jon Favreau qui a pensé à elle pour incarner Miss Potts. L'invitation est arrivée alors que son fils Moses avait 6 mois. «C'est à ce moment que le désir de travailler m'est revenu. Jusque-là, j'ignorais si j'éprouverai de nouveau cette envie», raconte la comédienne de 35 ans qui a épousé Chris Martin, le chanteur de Coldplay, en décembre 2003, avec qui elle a eu deux enfants - Moses, qui vient d'avoir 2 ans, et Apple qui en aura bientôt 4.

Quelques années de carrière en veilleuse, donc. Une vie entre Londres et New York, il y a pire. Une amitié avec Madonna et Guy Ritchie, il y a vraiment vraiment pire. La satisfaction sur tous les plans. Et puis, un jour, le manque. «Je désirais obtenir un rôle, mais pas quelque chose d'aussi taxant que celui de Sylvia Plath», poursuit celle qui, en 2003, s'est glissée dans la peau de l'intense poète tourmentée (Sylvia de Christine Wells).

Est alors arrivée Pepper. «C'était parfait. Le tournage m'occupait deux ou trois jours par semaine, parfois simplement un après-midi. Après, je retrouvais les enfants.» Ces enfants qui, dit-elle, «donnent vraiment un sens à ma vie. En fait, il me donne une vraie vie: aujourd'hui, je sais exactement à quoi je sers».

C'était peut-être moins le cas auparavant, quand elle a été prise dans le feu roulant du star system. Un film après l'autre. Et soudain, le choc. La mort de son père, en 2002. Un an environ avant qu'elle ne se marie. Le pire et le meilleur en concentré. «Je devais prendre du recul.»

Iron Man marque son véritable retour dans le milieu. Et quel retour. Elle y est plus sensuelle que jamais, y porte des robes fluides qui soulignent sa minceur et des escarpins à talons vertigineux qui allongent des jambes déjà interminables. Un costume qui lui donne un côté raffiné qu'elle n'affiche pas en entrevue: simple pantalon (d'accord, c'était un Prada...) et pull noirs égayés d'un long collier d'argent, coupe au carré. De la classe et de la sobriété. Point.

De la douceur, également. Beaucoup. Même si, à l'image du personnage de Pepper, on sent la volonté de fer dans cette voix et ce regard de velours. «Je suis entourée d'hommes forts: il y a eu mon père (le producteur et réalisateur Bruce Paltrow), à qui je dois beaucoup. J'apprends aussi de mon frère (le réalisateur Jake Paltrow), de Steven (elle est très amie avec Steven Spielberg). Et bien sûr, de mon mari.»

Et de Tony Stark - Iron Man - Robert Downey Jr.? Elle sourit. «Ça a été une merveilleuse expérience. Assez pour que je signe pour trois films.» Qui se feront? Va savoir. Mais n'en doutons pas, des décisions seront prises après ce week-end d'ouverture.

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Iron Man prend l'affiche aujourd'hui en anglais et en français.

Les frais de voyage de ce reportage ont été payés par Paramount Pictures.