Sandrine Bisson n'avait jamais joué dans un film d'horreur. Et le genre ne fait pas partie de ses préférés. Mais lorsqu'elle a lu le scénario de Discopathe, premier long métrage de Renaud Gauthier, elle a sauté avec joie dans l'aventure.

André Duchesne LA PRESSE

«Renaud me proposait un rôle que je n'ai pas obtenu, dit-elle. Mais je voulais tellement jouer dans le film, j'ai tellement été épatée par son travail que je l'ai relancé en passant par les médias sociaux, raconte la comédienne. Il a un côté éclaté et créatif qui me plaît.»

Genre de slasher rétro, Discopathe s'amorce à New York en 1976. Duane Lewis (Jeremy Earp Lavergne), cuisinier de son état, perd la boule lorsqu'il entend de la musique disco. Après avoir commis un meurtre sordide, dans une scène qui rappelle un passage de Saturday Night Fever, Duane s'enfuit à Montréal où il décroche un boulot dans un collège de filles en voie de laïcisation.

Nous sommes en 1980 et la folie disco balaie Montréal, ce qui ravive celle de Duane qui tue deux adolescentes du collège avant de s'en prendre à Francine Léveillée (Bisson), professeure de mathématiques, et à la directrice, soeur Mireille (Ingrid Falaise).

«Le ton du scénario me laisse croire qu'il y a une bonne partie humoristique [NDLR: c'est vrai], dit Sandrine Bisson. On a eu beaucoup de plaisir sur le plateau. Je me suis amusée à être ce personnage pris en otage avec du sang sur le visage.»

«Un beau voyage»

De cette Francine Léveillée, personnage qui ne vit que pour s'éclater en boîte le soir venu, Sandrine Bisson dit qu'elle est «moderne et libérée». Et si le genre ne colle pas à l'ensemble de son C.V., la période où se passe l'action est modelée à sa personnalité.

«Physiquement, les années 80 me vont bien. Mon visage cadre avec cette décennie», dit l'interprète de Claudette dans 1981 de Ricardo Trogi (rôle qu'elle reprendra dans la suite, 1987). «Au théâtre, j'ai aussi fait des rôles de cette période. Et sur les plateaux de tournage, coiffeuses et maquilleuses me font la remarque.»

Au-delà de son talent, elle a apprécié l'audace de Renaud Gauthier qui a écrit, réalisé, coproduit (avec sa conjointe Marie-Claire Lalonde) et signé la direction artistique du film.

Le programme officiel du festival indique même que Gauthier a vendu sa résidence pour financer l'oeuvre. «C'était un film sans budget, mais qui a attiré beaucoup de gens trop heureux d'en faire partie. Ce fut un beau voyage», conclut Sandrine Brisson.

Discopathe est présenté le 3 août à 14h20 au cinéma Impérial.