El, adolescent aspirant designer de baskets, rencontre Kira, fille d’un ancien joueur de basketball, qui est maintenant à la tête d’une grande marque de chaussures. Avec un peu de magie et beaucoup de persévérance, les croquis d’El deviendront réalité.

Publié le 13 mai
Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

Plus jeune, l’auteur de ces lignes rêvait de porter les chaussures de Michael Jordan. Un salaire d'adulte et un mauvais sens des priorités lui ont permis de se reprendre au cours des dernières années. Il était donc facile de comprendre la passion des ados de Sneakerella pour les baskets, pompes, kicks, sneakers et autres mots cool répétés des dizaines de fois. Cependant, nous cherchons encore à qui le film s’adresse.

L’idée de transposer le conte Cendrillon dans un New York coloré, vibrant et peuplé de gens de tous les horizons n’est pas mauvaise. Transformer le personnage titre en jeune homme qui travaille dans l’arrière-boutique du magasin de chaussures qui appartenait à sa mère disparue peut toujours aller. La méchante belle-mère et ses deux filles sont remplacées par un beau-père intolérant et ses deux fils insupportables, alors que la bonne fée marraine est maintenant un gentil voisin jardinier. Les rôles ont été inversés. Il fallait y penser… Et le prince ? La plus jeune fille d’une ancienne vedette du basket devenu riche homme d’affaires en vendant des baskets – le Michael Jordan de cet univers, joué ici par son ami et ex-coéquipier John Salley.

Du reste, c’est l’histoire habituelle : une voiture rutilante et des habits stylés pour aller au gala, un retour en catastrophe avant minuit, une chaussure égarée, une recherche… sur les réseaux sociaux. On compte tout de même quatre scénaristes au générique. Probablement parce qu’il y a des chansons. Beaucoup de chansons. Principalement du rap bonbon qui rendrait Will Smith – celui des années 1990 – fier. Les chorégraphies sont bonnes, au moins.

Sneakerella est donc destiné à des enfants de 8 à 12 ans. Toutefois, peu d’entre eux doivent être des mordus de baskets, prêts à dépenser des centaines de dollars pour une seule paire. Ces jeunes ont généralement plus de 15 ans. Et si ceux-ci voient le film, ils vont en rire, mais pas parce que c’est drôle. Le scénario insiste tellement sur « la passion des sneakers » qu’on pourrait croire qu’un lobby – on voit entre autres Adidas, Nike et Vans – a financé le film afin de convaincre des élèves du primaire que ce qu’ils portent aux pieds définit leur personnalité.

Le film d’Elizabeth Allen Rosenbaum (spécialiste de la réalisation d’un ou deux épisodes de séries mineures) est mignon par moments, mais surtout mercantile et très long. La performance de Devyn Nekoda dans le rôle de Sami, meilleure amie du personnage principal, est assurément ce que Sneakerella offre de mieux. C’est peu.

Sur Disney+

Sneakerella

Comédie musicale

Sneakerella

Elizabeth Allen Rosenbaum

Avec Chosen Jacobs, Lexi Underwood, Devyn Nekoda

1 h 52