Après des mois de rumeurs, de fuites et de prédictions, Spider-Man – No Way Home, dernier chapitre d’une trilogie entamée en 2017, est enfin à l’affiche. Mise en garde aux divulgâcheurs, car il sera question dans ce texte des nombreuses surprises, plus ou moins restées secrètes, qu’on trouve dans le film de Jon Watts (Cop Car, les deux Spider-Man précédents).

Publié le 17 déc. 2021
Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

À la fin de Far From Home, Mysterio révèle au monde entier que Spider-Man est un ado nommé Peter Parker dans une vidéo relayée par DailyBugle.net. Ceux qui ont vu la première trilogie Spider-Man réalisée par Sam Raimi dans les années 2000 ont sûrement remarqué que J.K. Simmons reprenait son rôle de J. Jonah Jameson à quelques détails près : il est maintenant à la barre d’un site web complotiste plutôt que d’un journal et n’a plus beaucoup de cheveux. A-t-il simplement vieilli ou… ?

En 2018, le génial et oscarisé Spider-Man – Into the Spider-Verse a initié des millions de personnes au concept de multivers. Celui-ci permet différentes versions d’un même personnage et parfois même une interaction entre ces différentes versions dans un même univers. Plus tôt cette année, les séries WandaVision, Loki et What If… ?, diffusées sur Disney+, ont aussi ouvert les portes du multivers dans l’Univers cinématique Marvel (MCU).

PHOTO FOURNIE PAR SONY PICTURES

Alfred Molina reprend dans Spider-Man – No Way Home le rôle de Doctor Octopus, qu’il incarnait dans Spider-Man 2 (2004).

Alors, quand la première bande-annonce de No Way Home a montré Alfred Molina dans la peau de Doctor Octopus, on s’est dit qu’il venait probablement d’entrer par ces mêmes portes. La dernière fois qu’on l’avait vu, il était en train de couler au fond de l’Hudson dans Spider-Man 2…

Marvel et Sony réussissent leur pari

Dernier détail technique : Sony Pictures détient les droits de Spider-Man et des personnages connexes. Une entente a toutefois été négociée avec les studios Marvel afin que l’homme-araignée puisse intégrer le MCU. En parallèle, l’Univers Spider-Man de Sony (SSU) continue de se développer avec les films Venom et la sortie prochaine de Morbius.

Tout ça pour dire que le multivers et l’accès aux personnages du SSU donnaient l’occasion aux scénaristes Chris McKenna et Erik Sommers de raconter une histoire extrêmement ambitieuse.

Et c’est assurément ce qui est le plus remarquable dans cette œuvre. Réunir des personnages mythiques et adorés sans trop verser dans la nostalgie ni le fan service éhonté n’est pas une mince affaire.

Le scénario de No Way Home est extrêmement bien ficelé. Les éléments des deux premiers volets — amours de jeunesse, amitié, réussite scolaire – restent au cœur de l’histoire et permettent à Tom Holland, Zendaya et Jacob Batalon de poursuivre le passage à l’âge adulte de leurs personnages. La dynamique du trio est à son sommet.

À cela s’ajoute la plus grande épreuve de la vie du jeune Parker. Même s’il a affronté Thanos dans l’espace, il est cette fois responsable du mal qui afflige sa ville, sa famille, ses amis… Et le multivers, si l’on en croit Doctor Strange (toujours formidable Benedict Cumberbatch).

Comment aimez-vous vos surprises ?

Êtes-vous plus du genre à aimer les surprises totales ou préférez-vous savoir, mais sans connaître les détails ? Si c’est la deuxième option, poursuivez.

En plus de Doc Ock, sont de retour Green Goblin (Willem Dafoe), Sandman (Thomas Haden Church), Lizard (Rhys Ifans) et Electro (Jamie Foxx), comme confirmé par la dernière bande-annonce. Revoir en action ces super-méchants fait plaisir et donne d’excellentes scènes de combat, mais permet surtout à de brillants acteurs d’ajouter des nuances à des personnages riches qui ont parfois été négligés dans des scénarios passés. On pense surtout à Jamie Foxx qui réinvente Electro, et à Thomas Haden Church qui donne un sens à Sandman. Alfred Molina et Willem Dafoe leurs personnages où ils les avaient laissés avec leur charisme fou. Seul Rhys Ifans n’a toujours pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Avec tous ces méchants à combattre, Spider-Man a besoin d’aide. Deux autres tisseurs de toiles, qui connaissent bien les adversaires en présence, viennent lui prêter main-forte. Même si on anticipe leur arrivée, la joie de voir Tobey Maguire et Andrew Garfield apparaître à l’écran est véritable. Les deux acteurs ont vieilli avec le personnage. Celui de Maguire est serein dans sa double vie. Celui de Garfield est toujours ébranlé par la mort de Gwen Stacy. Les trois Peter échangent sur la vie de superhéros, leurs différents pouvoirs, les êtres chers perdus… En fait, ils définissent ensemble ce que signifie être Peter Parker. Ces scènes sont un délice. On sent dans leur jeu l’expérience commune d’incarner le même personnage. Ils sont à la fois trois Peter Parker qui discutent dans une fiction et trois comédiens qui parlent d’un vécu similaire. C’est assez extraordinaire !

No Way Homeest tout ce que l’on souhaite d’un film de superhéros : riche en émotions mais avec une certaine légèreté, débordant d’action mais avec des enjeux crédibles, inspiré des BD mais écrit pour le cinéma. Ce ne sera pas le dernier, mais en ce qui nous concerne, c’est l’ultime Spider-Man.

En salle.

Spider-Man — No Way Home (V.F. : Spider-Man – Sans retour)

Film de superhéros

Spider-Man — No Way Home (V.F. : Spider-Man – Sans retour)

Jon Watts

Avec Tom Holland, Zendaya, Benedict Cumberbatch

2 h 28

½

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