Dans les années 1930, un vétéran de la Première Guerre mondiale devient l’entraîneur d’une équipe de football formée de pensionnaires d’un orphelinat de Fort Worth, au Texas. Contre toute attente, cette équipe sans moyens se hissera dans les séries de championnat du circuit collégial.

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Malgré ce qu’il pourrait laisser croire, le plus récent long métrage de Ty Roberts (This Side of the Dirt, The Iron Orchard) n’est pas à classer dans la catégorie de ces drames sportifs où des laissés pour compte finissent par atteindre les plus hauts sommets et triompher devant l’adversité. Même si, accessoirement, cet élément figure quand même dans le récit, 12 Mighty Orphans est plutôt le portrait d’une époque difficile dont les échos se font entendre jusque dans la nôtre.

Le cinéaste texan, qui porte à l’écran un bouquin de Jim Dent (tiré d’une histoire véridique), s’intéresse ainsi davantage aux individus qu’aux exploits sportifs. Au centre de cette histoire campée en 1938, au cœur de la Grande Dépression, figure Rusty Russell (Luke Wilson), un homme au mi-temps de l’âge, vétéran de la guerre qui, au contact des adolescents orphelins qu’il est appelé à entraîner, se trouve forcé à confronter son propre passé. Appuyé par son amoureuse (Vinessa Shaw), ainsi que par le médecin de l’orphelinat, aussi entraîneur adjoint (Martin Sheen), Russell trouvera le moyen de stimuler de jeunes hommes souvent traités en criminels du simple fait d’être sans famille. Et dont l’estime personnelle est souvent au plus bas.

Reconnu essentiellement comme un acteur de comédies, Luke Wilson trouve ici l’un des plus beaux rôles de sa carrière, affichant une force tranquille et une pudeur des sentiments qui cadrent parfaitement avec l’époque décrite. Face à lui, Martin Sheen offre aussi une solide performance. Ty Roberts a d’ailleurs réussi le pari de faire jouer ces vétérans avec de jeunes acteurs qui, pour la plupart, n’avaient jamais vu un plateau de cinéma de leur vie, sans créer de déséquilibre. Il est d’ailleurs dommage que tous ces efforts pour éviter les clichés soient gâchés par la présence d’un personnage trop caricatural (joué par Wayne Knight), comme si ce film avait obligatoirement eu besoin d’un « vilain » de service.

Avec son style classique, 12 Mighty Orphans propose néanmoins, sans aucun cynisme, une histoire inspirante.

Notez que ce long métrage est à l’affiche en salle dès ce vendredi en version originale anglaise seulement.

12 mighty Orphans

Drame

12 mighty Orphans

Ty Roberts

Avec Luke Wilson, Martin Sheen, Vinessa Shaw

1 h 58

½