Dans un avenir proche, un mariage somptueux se prépare dans la résidence d’une grande famille bourgeoise de Mexico pendant que la colère gronde dans les rues. Les manifestations sombrent rapidement dans une extrême violence…

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Michel Franco s’est d’abord fait remarquer sur la scène internationale grâce à des longs métrages primés au Festival de Cannes. Después de Lucía a été sacré meilleur film de la section Un certain regard en 2012, Chronic, en lice pour la Palme d’or, a obtenu le prix du meilleur scénario en 2015, et une mention spéciale a été attribuée à Las hijas de Abril deux ans plus tard à Un certain regard.

Lauréat l’an dernier du grand prix du jury à la Mostra de Venise, le cinéaste mexicain y a présenté Nuevo orden (New Order), dystopie à caractère réaliste, campée dans un avenir proche qui pourrait tout aussi bien être notre présent. Dans ce drame qui commence dans une atmosphère de fête somptueuse, Michel Franco expose la révolte qui gronde au sein d’une population de plus en plus miséreuse alors que les richesses des membres du club sélect du 1 % ne cessent de s’accentuer.

Le portrait que brosse le cinéaste de sa société à partir de cette fracture sociale ne fait pas dans la dentelle. Sous tension constante, le récit de Nuevo orden est en outre parsemé de scènes extrêmement violentes, orchestrées de façon très sèche, souvent choquantes, bien qu’elles ne sombrent jamais dans la glorification.

L’approche qu’emprunte le réalisateur, qui a signé seul son scénario, ne fera certes pas l’unanimité, mais ce dernier a le mérite d’illustrer avec fracas comment une société peut facilement basculer dans le chaos le plus total quand le désespoir collectif vire au trop-plein. Et qu’aucune règle ne tient plus. En cette époque troublée où la colère gronde un peu partout sur la planète, un film comme Nuevo orden tire la sonnette d’alarme.

En salle dès ce vendredi en version originale espagnole avec sous-titres anglais

New Order

Drame

New Order

Michel Franco

Avec Naian González Norvind, Fernando Cuautle, Diego Boneta

1 h 28

½