Déportés à Auschwitz en 1942, deux jeunes Juifs d’origine slovaque réussissent à s’enfuir le 10 avril 1944. Leur but : alerter les Alliés de ce qui se passe dans ce camp de la mort. Or, après qu’ils ont joint des représentants de la Croix-Rouge, leur récit fait face à beaucoup de scepticisme.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Basé sur une histoire vraie, celle du rapport Vrba-Wetzler, et au terme de laquelle on estime que 120 000 Juifs hongrois ont eu la vie sauve, ce film porte beaucoup de dignité, mais manque de constance et de charge émotive.

L’amorce est pourtant lourde de sens et annonce avec acuité l’horreur qui marquera le récit. Une caméra à l’épaule filme le tumulte chez les prisonniers dans un décor de fin du monde. Un soldat nazi leur crie d’oublier leur nom, mais de mémoriser leur numéro. Deux hommes se cachent dans un hangar où sont entassés les corps nus et gelés de dizaines de leurs camarades pour cacher de précieux objets dans une caisse cachée sous terre.

Au sein de ces scènes d’épouvante se cachent deux jeunes hommes, Freddy et Valér, aidés par des camarades de leur baraque. En dépit de nouvelles tortures (rester debout dans le froid durant des heures) infligées par les nazis qui ont découvert que deux hommes manquent à l’appel, personne ne parle. Au bout de trois jours, Freddy et Valér franchissent les barbelés et sont en route vers la liberté.

L’histoire nous est racontée comme un journal, avec ses jours 1, 2, 3, etc. Un détail de mise en scène sans grand intérêt. Mais plus lourd encore est ce choix d’étirer inutilement de nombreuses scènes, avant, pendant et après l’évasion.

Et plus le film avance, moins il gagne en cohérence et en intensité.

La dernière partie où les deux fuyards, maintenant rescapés et en sécurité, tentent de convaincre un fonctionnaire de la Croix-Rouge de la gravité de la situation à Auschwitz manque particulièrement de crédibilité. La colère de Freddy et de Valér qui se battent pour sauver la vie des dizaines de milliers de personnes n’arrive pas à nous atteindre. La suggestion que tout se règle à la va-vite nous semble invraisemblable.

À titre comparatif, d’autres films sur les camps de la mort, tels Le fils de Saul de László Nemes ou encore Remembrance d’Anna Justice, nous ont davantage ému, bouleversé.

Curieusement, ailleurs dans le monde, ce film, candidat de la Slovaquie aux Oscars 2021, porte le nom de The Auschwitz Report. Non seulement est-ce plus conforme à la réalité, mais cela évite de le confondre avec un autre film, The Escape from Auschwitz de Terry Lee Coker, sorti en 2020.

Offert en VSD (version originale avec sous-titres anglais) et présenté en salle au Cinéma du Parc

IMAGE FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS

Escape from Auschwitz, un film de Peter Bebjak

Escape from Auschwitz

Drame historique de Peter Bebjak

Avec Noel Czuczor, Peter Ondrejicka, John Hannah

1 h 34

★★★