En 1996, à New York, une jeune diplômée en littérature décroche un emploi singulier au sein d’une agence littéraire. À titre d’assistante de la patronne de la maison, elle est chargée d’envoyer des réponses génériques et sans âme à tous les admirateurs qui écrivent à J.D. Salinger. Jusqu’au jour où…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Il y a un an, alors qu’il était présenté à la soirée d’ouverture du festival de Berlin, l’un des quatre plus grands festivals de cinéma du monde, My Salinger Year a été accueilli avec une brique et un fanal par la presse spécialisée anglophone, notamment celle qui donne immédiatement le ton et l’humeur festivalière (Variety, The Hollywood Reporter, Screen, etc.). Le nouvel opus de Philippe Falardeau méritait-il pareil sort ? Assurément, non.

Même si cette adaptation du récit autobiographique de Joanna Rakoff n’est pas le film le plus marquant du réalisateur de Monsieur Lazhar, il reste que l’ensemble constitue une œuvre éminemment charmante, dominée par la présence des deux actrices principales.

L’autorité naturelle de Sigourney Weaver sied en effet à merveille à ce personnage d’agente littéraire qui, au beau milieu des années 1990, s’appuie toujours sur les traditions de son milieu, à une époque où les communications sont en train de basculer dans une nouvelle ère grâce à l’internet. Margaret Qualley prête ses traits à une jeune femme déterminée, autrice en devenir, qui prend l’initiative de répondre aux nombreux admirateurs de J.D. Salinger, ce dernier, reclus, étant le client le plus prestigieux de sa patronne, même s’il n’a rien publié depuis 30 ans.

PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS

Sigourney Weaver dans My Salinger Year (Mon année Salinger), de Philippe Falardeau

Belle idée de faire lire ces lettres, en principe destinées à la poubelle sur instruction de l’auteur, par les admirateurs eux-mêmes (dont l’un est campé par Théodore Pellerin). On évoque ainsi l’importance du lien pouvant s’établir entre un auteur et un lecteur, mais, surtout, on illustre la profondeur du bouleversement intérieur que peut provoquer la littérature – et l’art en général – chez les individus.

Il manque toutefois à ce film sans prétention cette espèce d’élan qui lui permettrait de vraiment se distinguer dans le genre très fréquenté du récit d’apprentissage.

My Salinger Year est à l’affiche. Il est aussi offert à la location en vidéo sur demande.

AFFICHE FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS

My Salinger Year, de Philippe Falardeau

Comédie dramatique
My Salinger Year
(V. F. : Mon année Salinger)
Philippe Falardeau
Avec Margaret Qualley, Sigourney Weaver, Douglas Booth
1 h 41
★★★