Dans un petit village côtier du Yorkshire, dans le nord-est de l’Angleterre, une jeune infirmière à domicile, très croyante, se persuade de devoir sauver l’âme de sa nouvelle patiente, une ancienne danseuse fragilisée par la maladie, cloîtrée dans son immense manoir.

Publié le 12 févr. 2021
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Depuis sa présentation au festival de Toronto en 2019, ce premier long métrage de Rose Glass s’est acquis une réputation fort enviable. Avec raison. La grande réussite de la cinéaste britannique, qui a aussi écrit le scénario de son film, est d’avoir su intégrer les codes classiques du film d’horreur dans un contexte réaliste. Elle garde d’ailleurs en réserve ses effets pendant une bonne partie de son récit pour mieux nous conduire à un dernier acte où le caractère fantastique prend alors le dessus. Si ce dénouement risque de réjouir les amateurs du genre, il se révèle en revanche un peu moins convaincant sur le plan dramatique.

Maud (formidable Morfydd Clark) est une infirmière à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession. Elle vit seule dans un appartement minuscule, après avoir traversé un épisode professionnel apparemment dramatique. Le récit se concentre alors sur la rencontre entre Maud et sa nouvelle patiente, Amanda (excellente Jennifer Ehle), ancienne danseuse atteinte de cancer, dont l’approche face à la vie ne pourrait différer davantage de celle — quasi monastique — de la jeune femme qui la soigne.

Rose Glass s’attarde ainsi à décrire l’obsession progressive de Maud pour « sauver » sa patiente, grâce au plan que Dieu a apparemment élaboré pour elle. Investie de sa « mission », l’infirmière est parfois prise de moments d’extase qui la font complètement décrocher de la réalité. La cinéaste, dont la mise en scène très étudiée est à l’avenant, propose ainsi un film évoquant les atmosphères de films l’ayant inspirée : Répulsion et Rosemary’s Baby, de Roman Polanski, Persona, d’Ingmar Bergman, et The Devils, de Ken Russel. Avec de telles influences, pas étonnant que Saint Maud marque les esprits.

AFFICHE FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

Saint Maud (V. F. : Sainte-Maud), de Rose Glass

Saint Maud est offert en vidéo sur demande en version originale et en version française doublée au Québec, notamment sur Illico, Bell, Cogeco, iTunes/Apple TV et Boutique Cineplex.

★★★½

Drame fantastique. Saint Maud (V. F. : Sainte-Maud). Rose Glass. Avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight. 1 h 24.