Avant de regarder Becky, il faut s’attendre à voir du sang. Beaucoup de sang. Mais les scènes où le liquide écarlate jaillit, qui ne laissent aucun doute sur le sort des personnes, sont intercalées dans un thriller bien ficelé.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Les réalisateurs Cary Murnion et Jonathan Milott, qui en sont à leur troisième collaboration, devaient présenter leur création au festival de films indépendants Tribeca, à New York. Selon eux, le film est une version ultra-violente du long métrage Home Alone (Maman, j’ai raté l’avion), mettant en vedette Macaulay Culkin.

Les éléments de base s’y trouvent : une adolescente de 13 ans fait preuve d’ingéniosité pour déjouer des bandits, qui se sont introduits chez elle avec de mauvaises intentions. Mais là s’arrête la comparaison. La jeune Becky, qui montre des signes de colère contenue avant que son père l’emmène au chalet pour se rapprocher d’elle, fait preuve d’une cruauté que le petit Kevin n’a pas. Les criminels, évadés de prison, sont endurcis. Ceci n’est pas une comédie. Pour les amateurs du genre, c’est très bien ainsi.

Lulu Wilson est crédible dans le rôle de Becky. L’actrice, qui avait 13 ans lors du tournage, qui s’est déroulé en pleine campagne, en Ontario, a déjà une solide réputation dans le cinéma d’horreur.

Elle s'est fait remarquer dans Ouija : Origin of Evil et Annabelle : Creation. Sur Netflix, elle a aussi attiré l’attention dans la série The Haunting of Hill House. L’adolescente qu’elle interprète est déchirée par la mort de sa mère et fait preuve d’une grande débrouillardise pour sauver sa peau. Bien qu’elle commette des actes d’une violence inouïe, elle suscite quand même la sympathie, en raison des ennemis qu’elle doit affronter.

PHOTO FOURNIE PAR REDBOX ENTERTAINMENT

Kevin James et Lulu Wilson dans Becky

Kevin James, que l’on est habitués de voir dans des rôles de bon gars et dans des comédies (King of Queens, Mall Cop 1 et 2, Zookeeper), est méconnaissable dans la peau d’un néonazi qui tue sans remords pour parvenir à ses fins. Avec son crâne rasé, sur lequel est tatouée une croix gammée, sa barbe et sa volonté inflexible de réaliser son plan ourdi depuis longtemps, il incarne le parfait ennemi. Et il le fait admirablement.

De ses trois comparses, l’imposant Apex (Robert Maillet) est celui qui se distingue le plus. Son malaise face au meurtre d’enfant le rend intéressant et ajoute un élément d’imprévisibilité. Les deux autres tombent un peu trop facilement entre les griffes de Becky, qui s’enhardit à mesure que le film avance. Mais il ne faut pas trop analyser.

Outre Becky et son père (Joel McHale), deux autres personnes de leur entourage craignent pour leur vie : Kayla, la nouvelle fiancée du père, et son fils Ty. Kayla est interprétée par Amanda Brugel (The Handmaid’s Tale), qui est née à Pointe-Claire et a remporté un prix Black Canadian Award, en 1995. La présence de la comédienne noire aurait pu être mieux exploitée et donner lieu à des flammèches entre elle et Dominick, le criminel néonazi, dévoué à sa cause. Tout au plus assiste-t-on à un échange verbal, dans une scène. On en aurait pris plus.

Mais cela aurait détourné l’attention de l’action, qui avance rondement. La tension monte, renforcée par la musique. Dominick, prisonnier sans merci, avait tout prévu sauf se mesurer à une adolescente devenue psychopathe. La table est mise pour la suite…

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Becky

Becky est offert en vidéo sur demande, en version originale seulement.

★★★½

Thriller. Becky. Cary Murnion et Jonathan Milott. Avec Lulu Wilson, Kevin James, Amanda Brugel. 1 h 33.