Dans Late Night, son film précédent, Nisha Ganatra était restée à la surface des choses, même si elle avait un vrai sujet à explorer, soit la place des femmes dans le monde de l’humour et des talk-shows télévisés.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

On pourrait lui reprocher la même chose avec The High Note, long métrage dont l’intrigue est campée dans le monde de la musique populaire.

À défaut de profondeur, reconnaissons à ce nouveau film des vertus qui, en cette époque de pandémie, en font un honnête divertissement, même si, encore une fois, l’occasion était belle de creuser le sujet.

D’autant qu’à cet égard, une perche était formidablement tendue dans le scénario de Flora Greeson, quand le personnage de Grace Davis, une chanteuse iconique qui n’a pas enregistré de nouvelles chansons depuis 10 ans, fait remarquer que dans l’histoire de la musique, seulement cinq femmes âgées de plus de 40 ans ont atteint le sommet du palmarès, dont une seule Noire.

Or, cet aspect est vite mis de côté au profit d’une histoire empruntant des allures de conte de fées.

Aspirer au sommet

Le récit de The High Note mise ainsi sur le contraste entre une artiste ayant atteint les sommets de la gloire et une jeune femme – son assistante – qui rêve en secret de gravir les échelons de l’industrie et de se lancer dans la production musicale.

Superstar depuis longtemps, Grace Davis (Tracee Ellis Ross) continue à attirer les foules en leur donnant ce qu’elles lui réclament : les tubes qui ont fait d’elle une icône de la chanson pop. Sa maison de disques ainsi que son agent (Ice Cube) consentent à un enregistrement en spectacle, mais suggèrent fortement à la chanteuse d’accepter la « résidence » de 10 ans qu’on lui offre à Las Vegas, ce que la vedette ressent comme une mise à l’écart.

IMAGE FOURNIE PAR UNIVERSAL PICTURES CANADA

The High Note, de Nisha Ganatra

Face à elle, Maggie (Dakota Johnson), l’assistante personnelle de la diva qui, malgré le caractère parfois ingrat de sa tâche, développe un lien affectif tangible avec sa patronne. Au point qu’elle s’emploiera dans ses temps libres à réaliser de nouvelles versions des vieux tubes de Grace.

Les hasards de la vie font que Maggie rencontre sur sa route un jeune chanteur, interprété par Kelvin Harrison Jr. (Luce, Waves), auprès de qui elle pourra peut-être grandir professionnellement. Et peut-être autrement aussi, car The High Note flirte avec la comédie romantique. Dommage que le rôle de Dakota Johnson – tout comme celui de Kelvin Harrison Jr. – ne soit pas plus consistant.

En revanche, Tracee Ellis Ross (Black-ish) a l’occasion de faire valoir ici toutes les facettes de son talent, y compris celui, méconnu, de chanteuse. 

L’histoire de The High Note n’évoque en rien celle de Diana Ross, sa célèbre mère, mais le spectateur ne peut faire abstraction de cet élément. Nisha Ganatra met en effet à profit le charisme naturel qui émane de l’actrice, son aisance sur scène, sans oublier des looks très glamour qui rappellent les tenues extravagances de la suprême interprète d’Upside Down.

The High Note est offert en vidéo sur demande, en version originale seulement.

★★★

Drame. The High Note, de Nisha Ganatra. Avec Tracee Ellis Ross, Dakota Johnson, Kelvin Harrison Jr. 1 h 53