Hantée par l’adoption d’un garçon qui a mal tourné, une jeune danseuse, mariée à un chorégraphe plus mûr, remet en question tous les aspects de sa vie.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Après Jackie, Pablo Larraín (No, El Club) a retrouvé son pays natal pour tourner, dans la ville portuaire de Valparaíso, un drame contemporain original, campé dans le monde de la danse et du reggaeton. À trop vouloir faire de style, le cinéaste chilien se perd cependant dans les arcanes d’une histoire inusitée et laisse son récit à distance.

La première scène est tout de même saisissante. Dans la nuit noire, les feux de circulation d’une rue désertée sont en feu. L’aspect intéressant de ce plan est qu’il renvoie à la démarche artistique d’une danseuse, mais aussi à ce qui provoquera un drame dans la vie de cette dernière.

IMAGE FOURNIE PAR THE MATCH FACTORY

Affiche du film Ema, de Pablo Larraín

Avec son conjoint chorégraphe (Gael García Bernal), Ema (Mariana Di Girólamo) a comblé son besoin de maternité en adoptant un garçon colombien, que le couple se résoudra à « rendre » au service d’adoption quand la pyromanie de son fils deviendra difficilement contrôlable.

Le sujet est riche, car il évoque à la fois le désir de parentalité d’un couple marqué par la stérilité et ses conséquences sur une relation de couple, dans un cadre où l’art et la vie s’entremêlent. Or, les différentes ramifications du récit semblent mal s’imbriquer. Si le personnage principal, magnifiquement campé par Mariana Di Girólamo, occupe le cœur de l’histoire, d’autres, périphériques, sont plus mal dessinés, notamment celui qu’incarne Gael García Bernal.

Présenté en compétition officielle lors de la Mostra de Venise l’an dernier, Ema affiche d’indéniables qualités esthétiques. Dommage qu’au bout du compte, l’histoire paraisse plutôt désincarnée.

Ema est offert sur Mubi (jusqu’à la fin du mois) et sur iTunes (disponible seulement à l’achat jusqu’au 1er juin, à la location ensuite).

★★½

Drame. Ema de Pablo Larraín. Avec Mariana Di Girólamo, Gael García Bernal, Santiago Cabrera. 1 h 47.