Petit producteur d’œufs bio en Bretagne, Raymond fait face à la disparition le jour où son distributeur annonce qu’il n’achètera plus qu’à de grands producteurs industriels. Dans l’espoir de sauver sa ferme, il tente d’attirer l’attention sur l’internet en jouant des pièces du répertoire classique avec sa fidèle Roxane, une poule sussex.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, dit l’adage. Il s’applique plutôt bien ici, avec ce Raymond (Guillaume de Tonquédec), bonne pâte, travaillant et qui décide de prendre un risque fou pour sauver sa ferme, son honneur, sa famille.

Fou, Raymond l’était déjà un peu avant d’affronter la débâcle financière, lui qui lisait déjà du Cyrano de Bergerac à ses poules brunes et qui avait baptisé Roxane sa poule blanche devenue animal de compagnie.

Oui, à vue de nez, le scénario peut faire peur. La recette peut paraître convenue. D’autant plus que ce n’est pas la première comédie consacrée au déclin du monde rural, comme on l’a vu l’an dernier avec Normandie nue de Philippe Le Guay.

IMAGE FOURNIE PAR A-Z FILMS

Roxanne

Mais une fois le visionnement terminé, Roxane ne perd pas trop de plumes. Les artisans ont bien su jouer avec les éléments à leur disposition : une réalité contemporaine (la crise agricole), un outil tout aussi moderne (l’internet et les réseaux sociaux) pour la combattre et des personnages liés par le plus beau sentiment du monde, l’amour.

Certes, le film demeure très modeste, certains passages sont prévisibles et la distribution est inégale. Mais ailleurs, son côté burlesque est attachant alors que deux de ses personnages secondaires, tante Simone (Liliane Rovère vue dans Dix pour cent) et Wendy (Kate Duchêne) nous ont bien fait rire. Et, agréable surprise, ce film de personnages est aussi émaillé de quelques superbes plans-séquences sur la vie à la ferme.

Roxane, de Mélanie Auffret, avec Guillaume De Tonquédec, Léa Drucker, Kate Duchêne, 1 h 28, 3 étoiles

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