Jeune DJ rêvant d’Amérique dans une ancienne république soviétique, Evelina entreprend une série de magouilles afin d’obtenir le précieux visa lui permettant de se rendre à Chicago, chef-lieu de la musique house.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Durant les « belles » années de la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique, il existait ce qu’on appelait le téléphone rouge, genre de ligne d’urgence liant Washington et Moscou afin d’éviter un conflit nucléaire.

Quelle brillante métaphore pour illustrer le propos du film ! Parce qu’elle a donné à l’ambassade américaine le faux numéro de téléphone d’un employeur fictif dans l’espoir d’obtenir un visa pour les États-Unis, Evelina (Alina Nasibullina) doit se rendre dans un village qu’elle ne connaît pas, chez des gens qu’elle ne connaît pas, pour attendre l’appel.

Pratiquement soudée à un vieux téléphone rouge, elle doit composer avec l’humeur volcanique de ses hôtes en pleine préparation d’un mariage.

IMAGE FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE

Le cygne de cristal, de Darya Zhuk

Campée à Minsk, capitale de la Biélorussie, en 1996, cette histoire est farcie de relents de l’ère soviétique. C’est avant tout cet aspect suranné, magnifié par des décors indescriptibles, qui fait la force du film. Car autrement, l’œuvre donne parfois l’impression d’un enchaînement de saynètes et souffre d’un manque d’émotion, peut-être attribuable à la volonté de la réalisatrice de faire sentir l’ennui régnant tant dans le pays que chez ses habitants.

Parfois drôle, comme dans la scène du mariage, Le cygne de cristal porte un regard tendrement cynique sur cette ancienne république soviétique.

★★★½

Le cygne de cristal. Drame de Darya Zhuk. Avec Alina Nassibulina, Ivan Mulin et Yury Borisov 1 h 33.

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